Le projet PRCCRCC (Projet de Renforcement des Capacités Communautaires pour la Résilience aux effets du Changement Climatique) a formé ses bénéficiaires dont des femmes à la fabrication des foyers améliorés utilisant moins de bois comme une des mesures d’adaptation au changement climatique. Comme c’est la femme qui est directement impliquée dans la recherche de bois de cuisine et dans la cuisson des aliments, un accent particulier a été mis sur sa participation pour promouvoir ces foyers au niveau des collines d’intervention du projet.

Les foyers améliorés utilisant peu de bois permettent aux bénéficiaires dont les femmes de consommer moins de bois lors de la cuisson et donc d’exercer moins de pression sur les boisements. Un autre constat est que ces foyers permettent de diminuer la durée de cuisson des aliments et dégagent peu de fumée lors de la cuisson.

Un noyau de formateurs pour faciliter le partage d’expériences entre les bénéficiaires du projet.

Le projet PRCCRCC a formé au niveau des six collines d’intervention un noyau de formateurs formé de 77 bénéficiaires dont 36 hommes et 41 femmes sur les techniques de fabrication des foyers améliorés mobiles et sur la construction des foyers fixes utilisant peu de bois, dans l’objectif de permettre à un grand nombre de bénéficiaires de disposer de ces techniques.

La participation de la femme se situe d’abord dans le travail d’extraction et la préparation de l’argile avant la fabrication, et la mise au four de ces foyers. La femme comme première utilisatrice de ces foyers améliorés, s’implique dans leur vulgarisation au niveau de la colline en vantant leurs vertus. Depuis la formation jusqu’aujourd’hui, 938 foyers améliorés ont été fabriqués par les bénéficiaires du projet et ils continuent d’en fabriquer.

L’utilisation des foyers améliorés au niveau des ménages bénéficiaires constitue une mesure d’adaptation au changement climatique qui permet d’atténuer les effets dans la zone d’intervention et permet également de diminuer de moitié la quantité de bois que les ménages consommaient avec les foyers traditionnels formés de trois pierres.

Ces foyers ne dégagent pas de fumées lors de la cuisson. Cela signifie qu’il y a moins de dégagement de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, ce qui augmente la résilience au changement climatique.

Une activité qui valorise la femme.

La fabrication de ces foyers améliorés constitue une activité génératrice de revenus aux bénéficiaires dont les femmes car elle procure des revenus supplémentaires dans les ménages. Ces revenus tirés de la vente de ces foyers permettent aux bénéficiaires et plus particulièrement aux femmes, d’acheter du petit bétail qui leur fournisse de la fumure organique et leur permette d’augmenter la production au niveau de leurs jardins de cuisine. Les femmes formées sont très actives et sont fières de pouvoir fabriquer ces foyers pour toute de la zone d’intervention du projet.

Dans le cadre du renforcement de l’effectif de son personnel, Inades-Formation Togo recherche un Cadre formateur « Chargé du Programme d’appui à la gouvernance inclusive et à la citoyenneté ».

Lieu d’affectation : Direction nationale d’Inades-Formation Togo, Lomé.

Durée du contrat : CDD d’un an renouvelable pouvant mener à un CDI.

Date de prise de fonction : le poste est à pourvoir à partir de 1er septembre 2020.

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Constitution du dossier de candidature

Le/la candidat (te) au poste doit fournir les pièces suivantes :

  • une lettre de motivation ;
  • un curriculum vitae de trois (3) pages au maximum avec trois références ;
  • une copie non légalisée de l’acte de naissance ;
  • une copie non légalisée du certificat de nationalité ;
  • une copie non légalisée des diplômes et attestations de formation ;
  • une copie non légalisée des certificats d’emplois antérieurs ;
  • une copie du permis de conduire ;
  • un casier judiciaire datant de moins de trois (3) mois.

« Les candidatures féminines sont encouragées ».

 

Délai de dépôt des candidatures

Les dossiers de candidature doivent parvenir sous plis fermé portant mention « Recrutement pour le poste de Cadre formateur Chargé du Programme d’appui à la gouvernance inclusive et à la citoyenneté » au plus tard le 20 juillet 2020 (le cachet de la poste faisant foi), au bureau d’Inades-Formation Togo, 07 B.P. 12.472 Lomé 07 sis à côté Immeuble GTA-C2A, avant le carrefour R1.

 

Profil recherché…Télécharger l’avis de recrutement 

La pandémie à Coronavirus ébranle le monde depuis son apparition en chine en décembre 2019 et sa généralisation au niveau mondial à partir de février 2020.

L’Afrique, d’abord épargnée, a déclaré ses premiers cas en Février 2020.

Quoique loin de l’hécatombe annoncée ou craint par l’OMS qui s’attendait à plusieurs millions de morts dès la mi-avril, le nombre de cas sur le continent africain continue de croitre depuis lors.

Depuis le 22 mai 2020, l’Afrique a passé la barre de 100.000 cas et affiche au 6 juin 177 953 cas confirmés, 4 936 décès et 78 834 guéris (Centre africain de contrôle et de prévention des maladies – CDC Afrique[1]). A cette même date, les pays du réseau Inades-Formation comptaient officiellement 20 709 cas confirmées avec plus de 7.000 cas au Cameroun, plus de 3.000 cas en Côte d’Ivoire et en RD Congo, et plus de 2.000 cas au Kenya.[2]

Les dommages collatéraux de la maladie sont craints sur le continent notamment une paupérisation accrue de la population et une crise alimentaire pour ce continent déjà fragilisé par des conflits et mouvements de réfugiés, le dérèglement climatique, les crises économiques, la persistance d’autres maladies comme le paludisme, etc.

Plusieurs organisations de producteurs et de développement comme CCFD Terre Solidaire[3] et OXFAM[4] ont tiré la sonnette d’alarme. Le ROPPA a mis en place un comité de veille pour faire face aux crises qui affectent les Agricultures Familiales ouest-africaines et la crise systémique du COVID 19[5], et la FAO a produit diverses notes d’information et de directives pour un ensemble d’outils pour soutenir les analyses politiques et évaluer l’impact de la pandémie de COVID-19 sur l’alimentation et l’agriculture, les chaînes de valeur, les prix des produits alimentaires, la sécurité alimentaire dans le monde entier.[6].

Les effets de cette crise sanitaire sont indéniables sur l’économie mondiale mais aussi sur le niveau de vie des populations les plus vulnérables et la sécurité alimentaire.

 

 Le risque d’une pénurie des produits alimentaires et des intrants agricoles dans les Etats africains

Dans cette économie mondialisée où la sécurité alimentaire repose sur les importations, il est aisé de percevoir les conséquences dramatiques que pourraient avoir la pandémie de la Covid 19 sur la sécurité alimentaire au niveau mondial et plus précisément sur les Etats Africains.

Malgré leur potentiel agricole, la plupart des pays africains dépendent des importations pour leur sécurité alimentaire. Pour exemple, dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest 40 % du riz consommé est importé, pour ne citer que cet exemple.

En 2017, la facture des importations alimentaires en Afrique s’élevait à 35 millions de dollars selon le président de la BAD et les prévisions faisaient état d’une hausse encore des importations pour les années suivantes.

Or, avec l’avènement de cette crise qui justement a débuté en Asie, les états ont pris des mesures de sécurité parmi lesquelles se trouve en première position la fermeture des frontières aériennes, terrestres et maritimes. Toute chose qui a eu pour conséquence de baisser les importations. De plus, si les pays exportateurs de céréales et de denrées alimentaires de première nécessité, également touchés par la pandémie, cessaient brusquement de produire, tous les pays dépendant des importations se trouveraient dans l’incapacité de nourrir leur population.

Quoique les stocks alimentaires disponibles au niveau mondial permettent de couvrir la demande jusqu’aux prochaines récoltes, une persistance de la maladie et le maintien des mesures de protection pourraient compromettre la disponibilité ou l’accessibilité de tous à ces stocks et empêcher leur reconstitution. Ce qui entraînerait une pénurie alimentaire pour les populations qui en dépendent.

Par ailleurs, Les producteurs accompagnés par Inades-Formation dans divers pays ont manifesté leurs inquiétudes quant à la disponibilité des semences et autres intrants agricoles pour les futures saisons culturales déjà proches, parce l’agriculture dans ces pays est en grande partie tributaire de ces intrants agricoles importés.

Comment alors garantir les prochaines récoltes, s’il n’y a ni semences disponibles, ni engrais dont l’usage abusif a dégradé la fertilité des sols, créant un cercle vicieux ?

La réflexion devient alors indispensable sur les systèmes alimentaires en Afrique.

Une baisse des revenus des agriculteurs et des Etats

Très peu de produits agricoles sont transformés sur place en Afrique. Plus grave, la plupart des Etats et plus particulièrement ceux de l’Afrique de l’ouest ont une agriculture axée sur les monocultures de rente et destinées à l’exportation.

Le risque de voir la demande au niveau des pays destinataires de ces produits baisser avec la crise de la Covid 19 n’est pas bien loin. Les économies africaines s’en trouveraient ébranlées du fait de la perte des ressources devant leur permettre de garantir les importations en masse des produits alimentaires essentiels. Le financement des prochaines campagnes agricoles sera de même problématique. Ce qui bien sûr agira sur les revenus des agriculteurs.

Le difficile écoulement des denrées alimentaire disponibles : la rupture des chaines d’approvisionnement locaux

Pour circonscrire la propagation de la maladie à l‘intérieur des pays, les Etats Africains ont vite fait de prendre des mesures sécuritaires limitant les mouvements. Certains, bien plus que d’autres, ont pris des mesures drastiques pour des périodes plus ou moins variables selon les pays : couvre-feu, fermeture des marchés, fermetures des commerces et des écoles, isolement et mise en quarantaine des villes les plus affectées, etc.

Compte tenu de la restriction des mouvements, les producteurs principalement ceux qui produisent les denrées alimentaires périssables ont trouvé moins d’acheteurs et rencontrés des difficultés d’écoulement de leurs produits. Seuls quelques rares acheteurs arrivent jusqu’aux producteurs pour racheter leur marchandise.

Il était également difficile de convoyer les denrées produites des campagnes vers les marchés du fait du manque de véhicule de transport de marchandise et la fermeture des marchés occasionnant une augmentation des coûts du transport et par ricochet des denrées alimentaires en zones urbaines et le pourrissement des denrées ne pouvant être écoulées.

Tout cela entraîne une baisse des revenus des producteurs et pourrait empiéter sur leurs capacités à financer les prochaines récoltes.

Bâtir des systèmes alimentaires durables pour atteindre une souveraineté alimentaire réelle en Afrique

Cette pandémie à Covid 19 et ses effets collatéraux sur la sécurité alimentaire a montré les limites des systèmes alimentaires conventionnel et donc l’impérieuse nécessité pour les Etats et particulièrement, les Etats africains de développer des systèmes alimentaires durables, tels les systèmes basés sur l’agriculture familiale.

Des systèmes fondés sur le développement d’une alimentation reposant sur les vivres de souveraineté (vivres locaux), le développement des semences paysannes reproductibles basées sur des savoirs locaux, le développement des chaines de valeur durables et des circuits courts de distribution.

C’est tout le sens du combat d’Inades-Formation qui, depuis 2013, a pris fermement position en faveur de la souveraineté alimentaire des peuples. Son engagement à promouvoir dans tous les Etats en Afrique, les systèmes alimentaires basés sur l’agriculture familiale impliquant la promotion des vivres de souveraineté en est le concrétise.

Les moments de crise étant également des occasions pour tirer des leçons et prendre des engagements, Il est crucial que les Etats Africains investissent dans des systèmes agricoles et alimentaires durables avec comme fil conducteur les pratiques et politiques de souveraineté alimentaire en :

  • Soutenant l’accompagnement le dispositif de Conseil à l’exploitation familiale agricole pour nourrir les villes et campagnes,
  • Encourageant la diversification des cultures de souveraineté alimentaire, l’agroécologie et les systèmes de résilience face au changement climatique,
  • Soutenant le développement de semences locales et en constituant des banques de semences dans les différentes localités ;
  • Renforçant les infrastructures, les circuits de transports et distribution des produits agricoles des villages vers les villes avec des mesures incitatives du marché local ;
  • Développant les infrastructures de stockage et de transformation au niveau local pour créer de l’emploi
  • Renforçant et rapprochant les offres de mécanisations des activités de production, surtout dans les grands centres de production du pays ;
  • Attribuant des financements conséquents à l’agriculture et plus particulièrement au secteur du vivrier et maraîchers y compris la chaîne de valeur ajoutée ;
  • Soutenant l’insertion et la professionnalisation des femmes et des jeunes dans les maillons de chaîne agricole et alimentaire

Ce serait des solutions durables au-delà de la pandémie de la Covid 19 dont la fin reste encore incertaine malgré la levée progressive des mesures barrières dans plusieurs pays.

Inades-Formation

[1] https://africacdc.org/covid-19/

[2] https://www.jeuneafrique.com/910230/societe/coronavirus-en-afrique-une-carte-pour-suivre-au-jour-le-jour-lavancee-de-lepidemie/

[3]La pandémie de coronavirus amplifie la crise alimentaire au Sud- https://ccfd-terresolidaire.org/actualites/la-pandemie-de-6616

[4] Covid-19 : 50 millions de personnes menacées par la faim en Afrique de l’Ouest – https://www.oxfam.org/fr/communiques-presse/covid-19-50-millions-de-personnes-menacees-par-la-faim-en-afrique-de-louest

[5] https://www.roppa-afrique.org/IMG/pdf/roppa-a5-160420-1.pdf

[6] http://www.fao.org/2019-ncov/fr/