De la planification à la capitalisation : l’inclusion des personnes handicapées dans le développement local, pourquoi et comment ?

Depuis 2016, Inades-Formation Togo œuvre, avec l’appui technique et financier de CBM, à l’inclusion des personnes handicapées dans quatre (4) localités du pays : Adéta et ses environs dans la Préfecture de Kpélé, Atchangbadè dans la Kozah, Attitogon dans le Bas-Mono et Momé dans le Vo. Tout le parcours est ici retracé dans un livret qui représente un bijou dans la galerie de publications de l’institution. Ce document a été présenté, le 29 avril 2019 aux représentants des 4 communautés, aux ministères de l’Action Sociale de la Promotion de la Femme et de l’Alphabétisation, de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, à la FETAPH, des ONG/Associations et des Médias…

Rien qu’à lire le titre de ce livret, les interrogations suscitent une curiosité et interpellent la conscience sur le sujet du handicap qui fait partie de la diversité humaine. L’inclusion des personnes handicapées aujourd’hui, est plus qu’indispensable ; un oxygène pour le développement tout court. Elle renforce la cohésion sociale, valorise la dignité humaine, et répond aux objectifs de développement durable (ODD).

Inades-Formation Togo en a fait son cheval de bataille à travers le projet Communautés Partenaires pour un Développement Inclusif dans ses zones d’intervention. Il vise à promouvoir la participation des personnes handicapées dans toutes les actions de développement et leur faciliter l’accès aux services sociaux de base ainsi que l’amélioration de leur situation économique dans les communautés locales.

Semekonam Kofi AGAH, chargé de programme Appui à la Gouvernance Locale et à la Valorisation des Initiatives Endogènes a Inades-Formation Togo, qui a tenu toute l’assistance en haleine pendant une demi-heure, a retracé les grands axes du projet, ressorti l’importance de la capitalisation avant de partager le contenu du livret. « Il s’agit de dresser un panorama de la situation de départ, de donner les statistiques, de renseigner sur les conditions de vie des personnes handicapées, de former les communautés sur le handicap, sur les droits et devoirs des personnes handicapées, de faire des sensibilisations, d’organiser des journées portes-ouvertes, des émissions radiophoniques d’appuyer les personnes handicapées dans la réalisation des activités génératrices de revenus et aussi de rendre des bâtiments publics accessibles».

Atelier de présentation du livret

Ce livret, d’une trentaine de pages, comporte également des photos illustratives, des témoignages émouvants, des statistiques, les différentes conceptions du handicap dans les quatre communautés du projet, la place de l’inclusion dans le développement local et bien d’autres aspects.

Il devra servir de document de référence pour toutes les nouvelles politiques et actions mises en œuvre dans une vision inclusive du développement local. Il faut retenir que les travaux ont été ouverts par le responsable de la direction des Personnes Handicapées Monsieur Karimu Wasiyou et la diffusion s’en est suivie.

Exposition du livret


Inades-Formation Cameroun a produit un Guide simplifié des dispositions légales en matière foncière au Cameroun. Ce guide a été édité dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de lutte contre l’insécurité foncière rurale pour la satisfaction des besoins alimentaires des populations autour des agro-industries et des zones d’implantation des projets dits structurants au Cameroun.

Aussi, une mission de présentation et distribution dudit guide a été réalisée du 25 au 27 mars 2019 dans les villages d’Elogbatindi, Dahane, Mbebe, Mvog-Fouda dans le Sud et les localités de Batschenga (Olembe, Natchtigal, Njie et Mebassa) dans le Centre du Cameroun.

Il était question, lors de cette mission, de donner une explication détaillée du guide simplifié pour une meilleure compréhension des populations. Ce guide a été distribué à toute la communauté et principalement aux comités communautaires qui serviront d’interface entre le village et l’extérieur et auront pour rôle de défendre les intérêts de la communauté partout où besoin sera.

Distribution du guide simplifié

Le présent guide est un résumé simplifié du droit au Cameroun sur lequel les populations s’appuieront pour défendre leurs intérêts. Il est structuré autour de trois grandes articulations : les différentes règles nationales en ce qui concerne le régime domanial, la prise en compte du droit coutumier, la procédure d’acquisition des concessions foncières, et les acquisitions foncières pour le développement des projets d’infrastructure ; les règles Internationales et enfin les références juridiques. Les populations ont apprécié ce guide qui leur permettra d’approfondir leurs connaissances sur le domaine foncier.

Distribution du guide simplifié

A la fin, il a été rappelé aux communautés que la sécurisation foncière passe par la mise en valeur de leurs terres et, de ce fait, elles doivent êtres les leaders de cette action, d’où la nécessité de leur apporter également des formations qui les rendront autonomes et capables de s’épanouir dans l’avenir.

Autrefois, les consommateurs nantis aimaient passer des commandes de « poulets DG » ou de « poulets braisés » pour la réception de leurs invités de marque. Aujourd’hui, grâce aux actions de sensibilisation menées par les « promoteurs des vivres de souveraineté » d’Inades-Formation, le « poulet au tchoukouri » encore appelé « poulet tchoukourisé » gagne de plus en plus du terrain.

En effet, Inades-Formation fait la promotion de la consommation des mets locaux, tant en ville que dans les campagnes, afin d’accompagner la production à une échelle plus grande de nos vivres et soutenir la souveraineté alimentaire en Afrique.

A Maroua dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun où est implantée l’une des deux Antennes d’Inades-Formation Cameroun, les « promoteurs des vivres de souveraineté » d’Inades-Formation ont mené des actions d’information et de sensibilisation en direction des producteurs, transformateurs, consommateurs et des partenaires au développement.  Et la sensibilisation porte des fruits !

Le « tchoukouri » était utilisé autrefois par nos mamans du village pour préparer leurs soupes, du fait de leur accès difficile au sel de cuisine. Aujourd’hui, cet ingrédient est recherché par les tenancières des gargotes qui ont pour activités parallèles, la vente du bouillon de viande et du poulet au « tchoukouri ».

Quelles sont les raisons de cette nouvelle tendance ? Selon les consommateurs, les justifications sont nombreuses. Certains disent que le « tchoukouri », sel traditionnel extrait des tiges de mil brûlées, est naturel et plein de vertus : lutte contre les vers intestinaux et fait baisser le taux d’alcool, donc indiqué pour les personnes qui souhaitent prolonger les soirées avec leurs invités et amis ; d’autres estiment que non seulement le « tchoukouri » permet d’avoir un poulet bien cuit, donc facile à digérer, mais il remplace valablement le sel de cuisine et surtout le cube maggi dont les méfaits sont aujourd’hui décriés.

Dans la ville de Maroua, pour les visiteurs non avertis, il suffit de se rendre dans une gargote en matinée ou en fin d’après-midi pour apprécier le spectacle. Nous, équipe de l’Antenne d’Inades-Formation Cameroun de Maroua, avons fait un tour dans le « circuit[1] » dit « CHEZ MADO » au quartier Hardé, et la tenancière nous a fait savoir que la demande de poulet au « tchoukouri » est tellement forte qu’elle se voit dans l’obligation de recruter une deuxième employée dans les prochains jours. Nous avons poussé la curiosité plus loin en passant nous-mêmes notre commande et, deux heures après, nous avons été servis. Pendant la dégustation, nous avons compris que la forte demande est justifiée, car ce met se passe de tout commentaire.

En définitive, l’on peut dire que le changement dans les habitudes alimentaires est en bonne voie. Les mets locaux retrouvent progressivement la confiance des consommateurs et leur place dans les assiettes en milieu urbain . Toutefois, le travail de sensibilisation et d’information reste encore de taille pour parvenir à une forte adhésion des populations urbaines à ce souci de souveraineté alimentaire qui est cher à Inades-Formation.


[1] Circuit est l’équivalent de maquis en Afrique de l’Ouest, restaurant de proximité