Dans sa volonté d’apporter un soutien actif et continu aux producteurs locaux de divers horizons de la Cote d’Ivoire, Inades-Formation Cote d’Ivoire s’est engagé à assurer le renforcement des capacités d’un groupe de femme productrices de fonio. Cet appui qui, intervient dans le cadre du projet de promotion de vivres de souveraineté, a pour but de contribuer à la relance de la production du fonio décortiqué de qualité.

Face à une expérience malheureuse des productrices de fonio qui, du fait d’un mauvais nettoyage du fonio, ont vu une partie de leur produit invendu et subi une suspension de commande, alors même qu’Inades-Formation les aidait à écouler leur produit après d’une commerçante à Abidjan, Inades-Formation a jugé bon d’organiser une formation pour l’amélioration de la qualité du fonio décortiqué.

Cette formation qui s’est déroulée du 23 au 27 Avril 2019 à Dougba (s/p) de Tingréla. Elle avait pour but de permettre aux productrices d’accéder durablement au marché en produisant et commercialisant du fonio décortiqué de qualité.

La formation a été animée par Madame Coulibaly Alimata, une professionnelle en nettoyage de fonio pour l’amélioration de la qualité de cette denrée. Pour ce faire, Inades-Formation Cote d’Ivoire a mis à disposition tout le matériel à une unité de lavage et séchage du fonio décortiqué à savoir des bassines, des passoires, des seaux, des gants etc.

Des productrices de fonio en formation

Les conséquences de l’agriculture intensive en termes de destruction de la vie biologique des sols, pollution des eaux et risques pour la santé des populations, ont entrainé un changement de paradigme des systèmes de production. De plus en plus, des solutions alternatives, plus respectueuses de l’environnement et de la santé des populations sont promues à travers le monde. 

En Côte d’Ivoire, Inades-Formation Côte d’Ivoire a décidé de s’investir dans l’implémentation des techniques de production agro-écologiques. Ainsi l’Institution a, dans un premier temps renforcé ses capacités internes. Concrètement, trois (3) membres de son personnel ont participé à des ateliers de formation sur l’agriculture organique régénérative organisés au Bénin et au Togo. Ceux-ci ont été formés sur une dizaine de pratiques de production de compost et pesticides organiques dont le Bokashi. D’origine Japonaise, le Bokashi est un engrais biologique fermenté qui s’obtient à partir de la fermentation de la matière organique par les microorganismes du sol.

Afin d’expérimenter et aussi de faire la promotion du « Bokashi », Inades Formation Côte d’Ivoire a sensibilisé et formé environ 50 producteurs de mil et sorgho, dans les régions du Gbêkê (Centre) et du Tchologo (Nord), sur la fabrication du Bokashi. Ces derniers ont mis en place sept (7) parcelles d’expérimentation du Bokashi : deux (2) pour le mil, un (1) pour le sorgho, et quatre (4) pour le maïs. Ces parcelles servent de démonstration et attirent de plus en plus d’autres producteurs des régions concernées.

Comme le témoigne Yéo Bakary, producteur de mil et maïs dans la localité Bouakama (Région du Gbêkê) : depuis que j’ai commencé à mettre le Bokashi dans mon champ, les plants s’accroissent plus vite et sont plus vigoureux qu’auparavant. Je me sens en sécurité et j’espère avoir un meilleur rendement.

Fabrication du Bokashi

Cette formation a été réalisée dans le cadre de la mise en œuvre du « projet de promotion de vivres de souveraineté à travers le développement de l’entrepreneuriat collectif agricole autour des filières fonio, mil et sorgho au centre et au nord de la cote d’ivoire »

La Plateforme d’Action Nationale pour l’Agriculture Familiale en Côte d’Ivoire (PANAFCI) a organisé, durant la période du 25 mars au 10 mai 2019, deux tournées d’information et de sensibilisation des agriculteurs familiaux et Organisations de la Société Civile (OSC) sur la portée et les implications des politiques, lois et programmes majeurs de développement du secteur agricole et les implications.

Ce sont au total 459 agriculteurs et agricultrices et organisations de la société civile qui ont pris part aux ateliers d’information et de sensibilisation sur la portée et les implications des politiques, lois et programmes majeurs de développement du secteur agricole en Côte d’Ivoire.

Ces ateliers, initiés par la PANAFCI, visaient à renforcer les connaissances des agricultrices et agriculteurs familiaux sur les différents dispositifs juridiques et
réglementaires qui régissent leur domaine d’activité et contribuer ainsi à une meilleure participation de leur part à la formulation et à la mise en œuvre de
ces dispositifs.

En effet, le secteur agricole ivoirien est encadré par un ensemble de dispositifs juridiques et institutionnels destinés à assurer son développement. Ainsi, en 2015, une Loi d’Orientation Agricole visant à organiser la politique agricole du pays est adoptée. Cependant, ces dispositifs sont peu ou pas connus des principaux acteurs du monde agricole, constitué d’agriculteurs et agricultrices familiaux, qui vivent en milieu rural.

Ces hommes, femmes et familles, agriculteurs et agricultrices familiaux, sont à la base de l’alimentation autant dans les villages que dans les villes alors qu’ils sont ironiquement les plus démunis du système économique et semblent n’avoir aucune possibilité de recours.

Cet état de fait interpelle la PANAFCI dont l’un des objectifs est de construire les bases et les espaces pour un dialogue entre pouvoirs publics et exploitants familiaux d’une part et entre ces derniers et les différents acteurs de développement sur le plan national et international.

Atelier à Abengourou

Les tournées se sont déroulées les 25, 27 et 29 mars pour la première phase, dans les villes de Daloa/région Haut-Sassandra ; Bouaké/région du Gbêkê et Abengourou/région de l’Indénié-Djuablin et pour la seconde phase les 06, 08 et 10 mai dans les villes de Bondoukou/région du Gontougo,  de Yamoussoukro/District de Yamoussoukro et Gagnoa/région du Gôh.

Chaque atelier a regroupé en plus des membres des plateformes des régions d’accueil, les représentants d’organisations de producteurs et de la société civile de plateformes régionales voisines.

Ainsi l’atelier de Daloa a-t-il accueilli les représentants des régions du Cavally, du Gôh, de la Marahoué et du Lôh-Djiboua ; la région du Gbêkê a accueilli des
participants venant des régions du Poro, le Tchologo, le Bélier/District de Yamoussoukro et la région de l’Indénié-Djuablin a compté parmi ses participants
les représentants des régions de la Mé, du Gontougo, du Moronou et du Nzi.

L’atelier de Bondoukou a accueilli les délégations de la Mé, du Moronou, de l’Indénié-Djuablin et du Sud Comoé ; celui de Yamoussoukro les délégations du Poro, du Tchologo, du Gbêkê et du N’Zi et enfin, celui de Gagnoa a réuni les délégations du Cavally, du Sud-Comoé, de la Marahoué et du Loh-Djiboua.

Atelier à Daloa

Les ateliers ont également enregistré la participation d’autorités administratives et de structures techniques.

Durant la première phase de la tournée, l’animateur principal, M. ASSOKO Maillet, chargé de plaidoyer au SG d’Inades-Formation, a entretenu les participants sur le Plan National de Développement (PND, 2016-2020), la deuxième sur la Loi d’Orientation Agricole de Côte d’Ivoire et la troisième sur le Programme
National d’Investissement Agricole (PNIA 2, 2017-2025).

La deuxième phase a quant à elle porté sur la Stratégie Nationale révisée de Développement de la filière Riz en Côte d’Ivoire (SNDR) 2012-2020 ; la Stratégie Nationale de Développement des Cultures Vivrières autres que le Riz (SNDCV, 2014-2020) ; le Plan Stratégique de Développement de l’Élevage, de la Pêche et de l’Aquaculture en Côte d’Ivoire (PSDEPA, 2014-2020).

Les ateliers ont permis aux participants de connaitre et comprendre les contextes de rédaction des différents instruments juridiques et réglementaires encadrant le domaine agricole, les objectifs visés par ces instruments, les dispositions prises pour leur mise en œuvre, l’état de réalisation des programmes et les obstacles à la mise en œuvre.

Les participants ont, après chaque présentation, procédé à des échanges sur les textes en lien avec leur réalité et proposé des mesures pour l’amélioration et une meilleure mise en œuvre des lois, politiques et programmes agricoles.

Les organisations membres de la PANAFCI sont engagées à participer au développement agricole sur le plan local, régional et national.

De l’avis général des participants, les ateliers ont été fort enrichissants pour tous. Les autorités administratives et les représentants des structures techniques qui participaient pour la première fois à une activité de la PANAFCI ont salué l’initiative à laquelle ils ont été heureux d’avoir contribué.

Galerie Photos de la tournée