Satisfaction au niveau des acquis, intégration de l’approche territoriale et redynamisation de la vie associative

Les rideaux sont tombés sur la 20ème Assemblée Générale Ordinaire d’Inades-Formation Togo. Ce fut l’occasion pour l’association de faire le point sur les activités réalisées en lien avec les ressources mobilisées durant l’année 2019 et de définir les perspectives pour la nouvelle année. Initialement prévue pour les 03 et 04 Avril 2020, cette assemblée ordinaire ne se tiendra que les 17 et 18 juillet 2020 en raison de la crise sanitaire. Les travaux se sont déroulés dans des conditions contraignantes ; respect des mesures barrières oblige !

L’Assemblée Générale donne un quitus favorable pour l’exercice 2019. Neuf projets, relevant des domaines agricole, environnemental, du développement inclusif et de la microfinance communautaire, ont été exécutés à un taux de 86%. Un bilan satisfaisant avec des résultats probants malgré les différentes contraintes.

Pour le compte du programme d’appui au développement de l’agriculture familiale, deux projets ont été réalisés. Le 1er porte sur la promotion et la valorisation des Vivres de Souveraineté dans la préfecture d’Amou et les localités de Atti –Atovou, Ahepé et Yobo. Le deuxième est relatif aux différentes propositions de contribution à la Loi d’Orientation Agricole en cours d’élaboration ; ceci, dans le cadre de la Plateforme Nationale de Promotion de l’Agriculture Familiale au Togo (PNAFAT). Au niveau de la gouvernance inclusive et la citoyenneté, Inades-Formation Togo a essentiellement travaillé pour l’inclusion des personnes handicapées dans le développement local en renforçant l’appui à l’autonomisation des personnes handicapées dans les préfectures de Vo, Bas-Mono, Kpélé et Kozah. Au niveau de la gestion des ressources naturelles, six projets ont été mis en œuvre. Ils portent sur la résilience au changement climatique dans les préfectures de Kpélé et d’Agou, la restauration des forêts communautaires dans le septentrion, la promotion de l’agroécologie, la formation sur les pratiques innovantes en matière d’agriculture organique régénérative sur l’ensemble du territoire nationale et la promotion de l’intégration du moringa dans l’alimentation dans la préfecture de Tchamba.

« Globalement, le contexte dans lequel le bureau national a travaillé a été un peu difficile. Mais nous avons pu avec les partenaires à la base, les bénéficiaires des différentes actions, évaluer le niveau de satisfaction. A travers les changements et effets obtenus dans la mise en œuvre des différentes actions, nous pouvons dire que c’est avec satisfaction que nous avons bouclé l’année 2019 » a précisé la Directrice de l’institution Sélome ADOUSSI HOUETOGNON. Les défis à relever cette année, poursuit-elle, restent énormes. « Il s’agira de pérenniser les acquis des actions en cours, de mobiliser des ressources pour étendre les actions qui ont fait leur preuve ailleurs ; notamment l’inclusion et l’autonomisation de la personne handicapée ; la transition agroécologique et la promotion de la consommation des produits locaux».

Un autre défi, non des moindre de l’association, c’est d’impacter les territoires à travers les initiatives de développement. ‘’Le développement territorial au centre de l’action de l’action d’Inades-Formation Togo’’ ; c’est d’ailleurs le thème qui a retenu les attentions au cours de cette 20ème Assemblée Générale Ordinaire. Un thème qui selon le Président du Conseil d’Administration Boukari AYESSAKI, revêt d’une importance capitale.

« Notre travail d’accompagnement des alternatives de développement ne peut véritablement prendre corps que s’il y a un mouvement qui accompagne ce processus. D’où la nécessité de voir le caractère inclusif de notre contribution à servir le bien commun dans un territoire donné. C’est cette préoccupation qui nous a conduit dans un premier temps, à mener une réflexion au niveau national puis international. Il s’est agi de sonder les voies et moyens qu’il faut emprunter ; les mécanismes qu’il faut mettre en place pour réussir ce développement territorial. Aussi faudra -t-il développer et contextualiser au niveau du réseau, une politique de développement territorial ; et donc prendre en compte nos forces actuelles et bien sûr les défis auxquels nous sommes confrontés en termes de connaissance du milieu et l’engagement des parties prenantes sur le terrain. Une cartographie s’avère indispensable pour mieux comprendre les enjeux au niveau local, régional et national avant de pouvoir définir les stratégies opérationnelles », a-t-il poursuivi.

Autre chantier ouvert, la redynamisation de la vie associative. Des efforts doivent être faits pour baliser la voie en vue d’une meilleure implication des associé(e)s dans la vie du bureau national et au niveau du réseau. L’Assemblée Générale Ordinaire, édition 2020, a enregistré sept nouvelles adhésions portant le nombre d’associé(e)s à 49 personnes physiques ou morales actives, cinq membres d’honneur et un membre sympathisant, soit un total de 55 membres.

Inades-Formation Burkina a organisé du 28 au 29 mai 2020 à Dédougou un atelier de réflexion avec les Cercles d’Innovateurs Locaux et d’Apprentissage Communautaire (CILAC). Cet atelier visait à les rendre plus opérationnel. Une vingtaine de représentants de sept CILACs ont participé à cette activité. Elle s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre par Inades-Formation Burkina du projet de repositionnement des vivres de souveraineté. Ce projet qui est exécuté dans la région de la Boucle du Mouhoun bénéficie de l’appui financier de Misereor.

 

Les Cercles d’Innovateurs Locaux et d’Apprentissage Communautaire (CILAC) sont de groupes de 4 à 5 paysans qui vivent les mêmes réalités et mutations en matière de production agro-sylvo-pastorale. Ces groupes sont en perpétuelle expérimentation de solutions face aux défis auxquels ils sont confrontés.

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet de valorisation des vivres de souveraineté par Inades-Formation Burkina durant la période 2017-2019, sept (07) CILACs ont été mise en place dans la région de la Boucle du Mouhoun dont 5 dans la province du Mouhoun et 2 dans la province de la Kossi. Ces CILACs ont pour rôle de documenter leurs observations, d’identifier et documenter les solutions alternatives, d’expérimenter ces solutions alternatives et de partager les apprentissages avec les membres de la communauté et les partenaires de proximité.

Travaux de groupe au cours de l’atelier

Les travaux de l’atelier de définition des repères d’évaluation de la valeur ajoutée des services rendus par CILACs dans leur milieu ont permis d’atteindre deux principaux résultats.

Le premier est la définition de 05 repères/critères d’évaluation de la valeur ajoutée des services rendus par les CILACs. Il s’agit des repères suivants :

  • l’augmentation de rendements agricoles grâce à l’utilisation des services proposés par les CILACS,
  • le degré de mobilisation de la population autour des services rendus par les CILACs,
  • la diminution des dépenses liées à l’achat des intrants modernes,
  • l’appréciation par les populations des services rendus par les CILAC,
  • la sollicitation des autorités (municipales et techniques) pour les services rendus par les CILACS

Le second résultat important atteint est l’identification des principaux éléments du plan d’action 2020-2022 pour chaque CILAC. Ces principaux éléments ont trait notamment aux domaines d’activités, les actions/activités à mener, les acteurs à impliquer dans la réalisation des activités et la période de mise en œuvre.

L’ateliers de Dédougou a été aussi l’occasion d’améliorer les connaissances des participants sur la notion de CILAC, le rôle et les responsabilités de cette structure, son mode de fonctionnement et le domaine d’activités. Cet atelier de réflexion et de formation représente un pas important pour les CILACs dans le processus d’opérationnalisation de leurs actions.

Cependant le faible niveau de scolarisation de leurs membres constitue un handicap pour leur évolution. A cet effet  des réflexions sont en cours pour leur permettre d’être à la hauteur des défis à relever dans leur travail.

Participants à l’atelier de réflexion et de formation des membres des CILAC de la Boucle du Mouhoun

Samuel SOMDA / Inades-Formation Burkina

 Inades-Formation Burundi, pour augmenter la production du riz dans les marais aménagés, a introduit la technique du « Système de Riziculture Intensif (SRI) » au sein des 3 coopératives rizicoles qu’il accompagne à Maramvya en commune de Mutimbuzi à l’ouest du pays, à Kabo et Kibaba en commune Nyanza-lac au sud du pays. Cent vingt (120) riziculteurs, membres de ces 3 coopératives rizicoles, ont ainsi été formés à la technique du SRI.

Après les ateliers de formation théoriques et pratiques réalisés en décembre 2018 et en 2019, les riziculteurs formés ont installé des parcelles témoins d’environ 14,5 ha dans les trois marais (Kibaba, Kabo et Maramvya). Ces parcelles témoins, cultivées selon la technique du SRI, ont été constituées près d’un autre champ cultivé sans appliquer cette méthode, afin de permettre la comparaison entre les rendements.

Formation théorique

Alors que le rendement moyen du riz par hectare sans le SRI était inférieur à 4 tonnes à l’hectare selon les localités, Le rendement moyen du riz obtenu avec la technique du SRI était de 6,5 tonnes à l’hectare. Le SRI favorise en effet les potentialités physiologiques du riz qui peut développer sa capacité de former un grand nombre de talles. La production du riz a ainsi doublé, voire triplé en termes de tonnage par hectare dans les 3 coopératives rizicoles de Maramvya, Nyanza-lac et Kabo pendant les saisons culturales B 2018 et B 2019. La production obtenue a ainsi permis de rentabiliser les investissements élevés des ouvrages hydro agricoles réalisés dans les zones d’action du projet.

Eu égard aux bons résultats obtenus lors des premiers essais du SRI, le nombre d’adhérents aux coopératives n’a cessé de croître, et le nombre de riziculteurs ayant adopté le SRI est passé de 165 à 587.

Parcelle repiquée

Des avantages certains pour les riziculteurs.

Avec la méthode du SRI, les riziculteurs ont réalisé 3 types d’avantage :

  • Une Economie de semences 

Pour un hectare, le SRI exige le Semis en ligne avec un écartement des plantules de 25 x 25 cm et une quantité de semences de 4,8 kg par hectare, alors qu’auparavant les riziculteurs utilisaient plus de 100 kg de semences par hectare.

  • Une augmentation du rendement du riz par hectare

La production moyenne enregistrée par hectare dépend des localités. En effet, en respectant les conditions de développement physiologique du riz avec le SRI, pour les coopératives de Nyanza-lac (Kabo et Kibaba), les rendements obtenus oscillent autour de 8 à 9 tonnes par hectare, tandis qu’à la coopérative de Maramvya, on a obtenu la moyenne de 6 à 8 tonnes par hectare.

  • Une économie d’eau 

Contrairement à ce qu’on croyait avant, le riz n’est pas une plante aquatique. Le SRI est une riziculture à minimum d’eau. On donne la quantité d’eau nécessaire en cas de besoin. On doit maintenir une lame d’eau de 1 cm pendant la phase végétative, et par après on vide les rizières pour oxygéner le sol.

Riz au stade de floraison

L’introduction du SRI dans les trois coopératives accompagnées par Inades-Formation Burundi a été réalisée dans le cadre du programme « Promotion de la souveraineté alimentaire et de la participation des femmes en milieu rural burundais », financé par le Gouvernement Basque.

Au vu des résultats pus que satisfaisants, Inades-Formation Burundi poursuivra la vulgarisation de cette méthode dans tous les périmètres aménagés où les membres bénéficiaires des trois coopératives accompagnées cultivent le riz.

Récolte du riz

Inades-Formation Burundi