Inades-Formation Burkina a organisé les 23 et 24 mars 2018 une session de formation au profit des femmes des groupements maraichers de Korsimoro.   Cette formation a connu la participation d’une cinquantaine de femmes issues de six groupements maraîchers de Korsimoro, une commune de la province du Sanmentenga, dans la région du Centre Nord. Ces productrices maraichères ont été formées sur la production du compost bio thermique et de l’engrais liquide bio à base de déjection d’âne. La formation a eu lieu dans le Centre des Groupements Maraichers de Korsimoro.

Burkina Faso – Formation fabrication fertilisant biologique

« Faciliter l’accès des femmes maraîchères à des intrants biologiques moins couteux pour la production maraichère » tel est l’objectif de la formation des femmes des groupements maraichers de Korsimoro. Cette formation a été organisée par Inades-Formation Burkina dans le cadre de la mise en œuvre d’un projet pilote de promotion de fertilisants naturels au profit des femmes des groupements de maraîchers du Sanmentenga. Ce projet est exécuté par Inades-Formation Burkina avec l’appui de l’ONG Brooke Afrique de l’Ouest.

La session de formation a débuté par un exposé oral sur les techniques de fabrication du compost bio thermique et de l’engrais liquide bio. Les participantes ont par la suite posé des questions d’éclaircissement.  Après cette étape introductive théorique en salle, place à la pratique sur le terrain. L’eau, la paille, le bois sec, les déjections d’âne, les feuilles vertes, en place, le travail de production du compost bio thermique peut commencer. Suivant les indications du formateur, Zalhata Balma, présidente du groupement maraîcher Sougri Nooma de Korsimoro ainsi que les autres participantes se sont mises à l’œuvre pour mettre ensemble les différents matériaux entrant dans la composition du compost. Après une heure de travail passionné, le tas de matériaux devant se transformer plus tard en compost est bien constitué. Pour obtenir le compost, il faut attendre 21 jours, mais il faut retourner le tas tous les 3 jours.

 

Après la fabrication du compost bio thermique, les participants se sont tournées vers la fabrication du l’engrais liquide bio. La préparation de ce fertilisant naturel s’est faite dans un fût de 200 litres. Tout autre récipient propre peut être utilisé. Dans ce récipient, il a été constitué un mélange de fumier frais, de feuille verte, de l’eau, de la cendre et de la terre vivante. Après qu’un groupe de participantes ait apporté les différents éléments dans le fût, un autre groupe, avec une grande spatule s’est activé à remuer l’ensemble.  Une fois tous les composants réunis, le fût a été fermé légèrement de sorte à éviter la fermentation anaérobique. Après cela, le formateur a invité les participants à continuer à remuer le contenu du fût au moins une fois par jour. Il a indiqué qu’en principe, après deux semaines, le compost liquide est prêt pour utilisation. Cet engrais organique devrait permettre aux femmes des groupements maraichers de Korsimoro de produire en qualité et en quantité des légumes et fruits.

Burkina Faso – Formation fabrication fertilisant biologique

A la suite des deux exercices pratiques de fabrication de fertilisants naturels, le spécialiste en agriculture durable, Alain GOUBA, qui a assuré la formation se prononce : « La formation s’est bien déroulée dans l’ensemble. Les femmes étaient motivées à apprendre et à acquérir ces connaissances nouvelles ».

 

Inades Formation Burkina, en initiant cette formation souhaite amener les femmes des groupements maraichers à se départir de l’utilisation des intrants chimiques. Ousséni Ouédraogo, chargé de programme à Inades-Formation Burkina, par ailleurs responsable de l’activité de formation des productrices maraichères de Korsimoro indique : « Les pesticides et les engrais chimiques détruisent le sol et polluent les eaux. En outre, les produits maraîchers issus de ces intrants se conservent mal et peuvent engendrer des problèmes de santé ». Il souligne : « Nous voulons aider les femmes maraichères du Sanmentenga à acquérir de nouvelles connaissances sur la fabrication des intrants biologiques faciles à produire et à moindre coût. Ces engrais bio  permettent de produire en qualité et en quantité et de nourrir sainement la population. Ils contribuent aussi à protéger l’environnement».

Zalhata Balma, se réjouit de l’opportunité que son organisation a eu de bénéficier de la formation dans la production du compost bio thermique et de l’engrais liquide. « Nous avons appris de nouvelles techniques plus faciles de fabrication de compost. Nous allons nous mettre au travail dès à présent pour être prêtes avec ces fertilisants naturels à la prochaine saison des pluies et avoir de bonnes récoltes. »  

Burkina Faso – Formation fabrication fertilisant biologique

Les appuis d’Inades-Formation Burkina à travers ce projet promotion de fertilisants naturels dans le Sanmentenga, devrait permettre  aux productrices maraichères d’améliorer leurs revenus par l’accroissement des rendements des produits agricoles. Pour ce faire, elles devront valoriser les déjections de leurs animaux, notamment celles de l’âne. Il faudra alors prendre bien  soins des ânes en les gardant en stabulation.

 

Voir le diaporama photos de la formation

 

 

Inades-Formation Burkina a organisé du 15 au 16 mars 2018, un atelier de restitution sur les bonnes pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Cet atelier qui s’est déroulé à Dédougou, chef-lieu de la région du la Boucle du Mouhoun, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du « Programme de valorisation des vivres de souveraineté pour une alimentation suffisante, saine, durable des populations ». Cette activité fait suite à un atelier  d’identification et de documentation des bonnes pratiques agricoles qui a eu lieu en mars 2017 à Dédougou et à la rencontre régionale de partage et d’adoption des bonnes pratiques agricoles à Abidjan en septembre 2017.

L’atelier de restitution tenu à Dedougou en mi-mars 2018 visait à partager avec les producteurs des vivres de souverainetés bénéficiaires du projet, les bonnes pratiques agricoles respectueuses de l’environnement.  Cette rencontre a été l’occasion de présenter aux participants une trentaine de bonnes pratiques agricoles liées à deux vivres de souveraineté que sont le niébé et le mil. Ces bonnes pratiques concernent notamment :

  1. La préparation du terrain, la fertilisation, la gestion de l’eau de pluie,
  2. La production, conservation et protection des semences,
  3. Les semis,
  4. La protection des cultures contre les maladies et les parasites.

La promotion des bonnes pratiques agricoles nécessite la mise en place des structures paysannes  de proximité qui  pourront rechercher et expérimenter des solutions alternatives face aux défis qui se posent à eux. Pour ce faire, il est créer des  Cercles d’Innovateurs Locaux et d’Apprentissage Communautaire. Un exposé sur les  Cercles d’Innovateurs Locaux et d’Apprentissage Communautaire a ainsi été présenté aux participants de l’atelier. Suite à cet exposé, des critères ont été identifiés par les participants pour choisir les membres des cercles d’innovateurs locaux dans la zone d’intervention du projet. Les principaux critères identifiés sont : savoir lire et écrire en français, être un producteur mettant en œuvre les bonnes pratiques agricoles, être de bonne moralité et être disponible.

Pour l’opérationnalisation des Cercles d’innovateurs locaux et d’apprentissage communautaire, chaque organisation a défini le nombre de cercles d’innovateurs à mettre en places, les bonnes pratiques agricoles à promouvoir par Cercles d’innovateurs et les actions prioritaires à entreprendre avant la saison hivernale. Bientôt cinq cercles d’innovateurs seront effectivement mis en place dont trois cercles pour l’Union provinciale des producteurs de niébé du Mouhoun  et deux cercles pour l’Union départementale des producteurs de mil de Djibasso. Inades-Formation s’est engagé à accompagner la mise en place de cercles d’innovateurs et la mise en œuvre de quelques activités prioritaires dégagées au cours de l’atelier

L’atelier a regroupé une trentaine de participants composés majoritairement des représentants de l’union départementale des producteurs de mil de Djibasso et de l’union provinciale des producteurs de niébé du Mouhoun. Ces deux unions sont des structures bénéficiaires du projet. Des producteurs porteurs d’expériences dans la promotion des bonnes pratiques agricoles et un représentant de la Direction régionale de l’agriculture ont aussi été invités.

Photo de famille des participants

Samuel SOMDA

Monsieur Fernand Sanou est le premier Président du Conseil d’Administration (PCA) d’Inades-Formation Burkina.  Philosophe et sociologue de formation, il a le grade de Profes­seur d’Université.  En septembre 2018, il aura 72 ans. Il est retraité de l’Université de Ouagadougou depuis 2009. Veuf et père de trois enfants, cet originaire de Bobo-Dioulasso, la capitale économique du Burkina Faso, est arrivé à Inades-Formation Burkina au milieu des années 1980.

 

Parlant de son adhésion à Inades-Formation Burkina, le Professeur Sanou se souvient : « C’est Madame Ouédraogo Fati qui m’a amené à Inades où elle militait depuis un certain temps avec le Père Jésuite De Loisy ». Arrivé dans cette structure, il est resté membre associé pendant dix ans, de 1985 à 1995. Inades-Formation Burkina à cette époque était un Bureau/éta­blissement avec comme organe dirigeant un conseil de gestion. Quand en 1995, l’association nationale d’Inades Formation Burkina est officiellement créée, Fernand Sanou est élu pré­sident du conseil d’adminis­tration. Il restera à ce poste jusqu’en 2001. Pendant qu’il était président du conseil d’administration d’Inades-Formation Burkina, Fernand Sanou est élu président du conseil d’administration du réseau Inades-Formation (association Internationale Inades-Formation)  en 1998. Conformément aux statuts qui fixent le nombre de mandats à deux de trois ans chacun, le profes­seur d’université restera PCA de l’association internationale Inades-Formation  de 1998 à 2004.

« Promouvoir le développement intégral de tout l’homme et de tout homme, particulièrement les plus défavorisés » telle est la philosophie d’Inades-Formation. Fernand Sanou nous rappelle que cette philosophie est « tirée de la doctrine sociale de l’Eglise catholique ». Il indique : « C’est une philosophie qui nous animait et nous anime toujours ». Aux postes de responsabilité d’Inades-Formation au niveau national et international, le Professeur Sanou dit avoir particulièrement apprécié que cette structure soit passée d’une démarche de formation, c’est-à-dire de trans­mission de connaissances à une approche dite des dynamiques organisationnelles paysannes (ADOP) dans les années 90. Cette approche reconnait et valorise les connaissances et expériences des paysans. Il souligne également : « Je garde aussi comme souvenir marquant, la capacité d’Inades-Formation à se remettre en cause en termes de mobilisa­tion des ressources nécessaires, pour mener nos activités. (…) Inades a lancé un programme d’autonomisation des res­sources financières à travers ce qu’il a appelé Fonds Africain d’Appui au Développement Ru­ral (FONDAFRICA) ».

Fernand Sanou a contribué à la réalisation d’études prospectives, pour Inades-Formation Burkina sur la période 2012-2020 et pour Inades-Formation International sur la période 2010-2025. Actuellement, en tant qu’associé d’Inades-Formation Burkina, cet universitaire à la retraite participe à des réflexions et à des études initiées par la struc­ture. Il indique : « j’ai participé à certaines études sur les OGM, sur les stratégies de souve­raineté alimentaire grâce à l’agriculture familiale, sur la dynamisation de la vie associative, la charte des valeurs, etc.».

Aujourd’hui, cet associé de longue date d’Inades-Formation Burkina est fier de cette structure et de l’ensemble du réseau Inades Formation. Il trouve que l’institution est une organisation de référence assise sur un socle solide. De son point de vue, la phi­losophie d’Inades-Formation est plus que d’actualité et son engagement aux côtés du monde rural est plus que fondé au regard de la persistance voire de l’aggravation des difficultés vécues par cette importante couche de la population. « Je suis également fier d’Inades-Formation Burkina et du réseau Inades Formation pour son combat pour la biodiversité, contre l’expansion des OGM. L’arrêt ces temps-ci de la culture du coton Bt défendue par Monsanto depuis 2004 au Burkina Faso sonne comme une victoire pour l’association », nous dit-il. Il poursuit : « Le nouveau paradigme adopté par l’association internationale Inades-Formation , à savoir, la promotion du Bien commun à laquelle l’économie, le développement doit contribuer et non l’inverse, est un excellent paradigme pour recadrer ce que je considère comme une dérive économique de notre monde actuel ».

 

Pour une meilleure performance d’Inades-Formation, le Professeur Sanou estime qu’il faut une plus grande implication des associés dans l’animation de la vie associative, au-delà des ateliers annuels de réflexion thé­matique. Pour lui, Inades-Formation Burkina devrait également travailler à se faire mieux connaitre du public burkinabé et contribuer ainsi à mobiliser davantage pour la cause du monde rural.

D’après ses proches, Fernand Sanou est quelqu’un de particulièrement serviable. Les principales valeurs auxquelles cet ancien séminariste est attaché sont la justice et la solida­rité. Il n’aime pas le travail inachevé. Sa­muel Somda, le chef de Service Appui Pé­dagogique d’Inades-Formation Burkina a été un étudiant de Fernand Sanou au­tour des années 1980. Il trouve que le pre­mier PCA d’Inades-Formation Burkina est un intellectuel remarquable depuis de longues dates. « Il est influent du point de vue de ses idées » nous confie Samuel Somda.

La lecture est pour Fernand Sanou aussi bien une occupation qu’un loisir. La bibliothèque qu’il a constituée depuis sa première année d’université en 1965 compte aujourd’hui environ 5000 livres. Bien qu’à la retraite, il continue à dispenser des cours et assurer le suivi des travaux de recherche d’étudiants. Il a aussi des consultations qui représentent pour lui « une sorte de loisirs et d’adjuvant financier ». Celui qui considère que « le monde sera solidaire et fraternel ou ne sera pas » encourage Inades-Formation à persévé­rer dans son entreprise, à embrasser fort la philosophie du développement intégral, ce­lui de tout l’homme et de tout homme.

 

 

Patrice DA