En juillet 2020, la Plateforme d’Echanges et de Promotion de l’Agriculture Familiale au Tchad (PEPAF-Tchad) a réalisé une étude diagnostique sur les inégalités basées sur le Genre afin de mieux appréhender le phénomène et y apporter des  solutions appropriées. 6 Départements étaient concernés par cette étude.

Les inégalités basées sur le genre sont une réalité endogène à la vie sociétale, et leurs impacts sur l’employabilité de la femme rurale sont alarmants. Les femmes rurales restent le pivot des familles et aspirent de plus en plus à la responsabilité dans la gestion des ménages. Pourtant, elles sont victimes de discrimination.

La question de la participation de la femme au développement, à la prise de décision au sein des ménages, ou tout simplement à son autonomisation économique a toujours figuré en bonne place dans les politiques publiques ou les objectifs des organisations de promotion des droits humains, pour l’évidente raison qu’elle fait face à des contraintes structurelles persistantes qui constituent par-delà un frein au développement durable. Raison pour laquelle, Inades-Formation Tchad et ses partenaires entendent améliorer l’accès des femmes aux ressources productives, réduire les inégalités de genre pour renforcer la femme dans son rôle et ses fonctions sociales.

Aussi, pour mieux appréhender la problématique des inégalités basées sur le genre et contribuer à les réduire, Inades-Formation Tchad et ses partenaires, au sein de la Plateforme d’Echanges et de Promotion de l’Agriculture Familiale au Tchad, la PEPAF-Tchad, ont mené une étude diagnostique sur « les inégalités basées sur le genre et leurs impacts sur les femmes en milieu rural au Tchad ». Cette étude s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de « Renforcement structurel et des capacités d’influence des organisations de la société civile pour le développement de l’Agriculture Familiale et la lutte contre la pauvreté au Tchad », mis en œuvre par la PEPAF-Tchad avec l’appui financier de l’Agence Basque de Coopération pour le Développement (ABCD).

L’étude, réalisé en juillet 2020, met l’accent sur le rapport entre les hommes et les femmes et, la place et le rôle de la femme dans la chaine de production agricole en milieu rural pour relever toutes les situations d’inégalités de genre.

De manière spécifique, elle visait à :

  • Analyser les situations répertoriées en adéquation avec la législation nationale et internationale, avec les politiques nationales en matière de genre et la promotion féminine en faisant ressortir tous les facteurs d’inégalités, de l’exclusion de la femme au processus de développement et à sa participation citoyenne;
  • Faire une analyse exhaustive des impacts des inégalités répertoriées sur les femmes en milieu rural ;
  • Formuler des recommandations en termes d’actions à mener pour la réduction drastique des situations d’inégalités évoquées par l’étude.

Focus group avec les femmes à Bédaya

La coutume, la religion et l’analphabétisme, trois facteurs à la base de la discrimination des femmes

L’étude a été menée dans 6 Départements regroupés en trois (3) zones que sont le Sud, le Centre et le Centre-Nord. 14 entrevues individuelles, 8 focus groups avec plus de 120 personnes sont réalisés et 91 enquêtes individuelles auprès des intéressées/victimes ont été réalisés à Bédaya, Bodo, Moulkou, Linia, Bitkine et Gambir.

Les personnes enquêtées sont de la tranche d’âge comprise entre 35 et 64 ans avec 64,2% de personnes de 35 à 49 ans. Aussi, 67,4% des participantes à l’enquête individuelle sont des femmes mariées. Elles sont suivies par les femmes divorcées ou les veuves (31,5%).

De par sa place et son rôle au sein de la famille et dans la communauté, l’étude a établi que la femme rurale est essentiellement ménagère, avec comme principale activité professionnelle l’agriculture (45,2%), suivie du commerce (38,9%). En moyens de production, alors que 85,5% de femmes déclarent pouvoir accéder à des terres cultivables, seulement 7,3% et 16,4% disposent respectivement de bœufs d’attelage et de moyens roulants. Le taux de celles qui ont recours aux coopératives ou aux caisses d’épargne n’est que de 10,9%.

Avec un niveau d’instruction relativement faible, la femme rurale perçoit difficilement les enjeux de la discrimination dont elle est victime. Sur la population enquêtée, 46,2% sont sans instruction. Et même si, respectivement 33% et 16,5% parviennent au primaire et au secondaire, seulement 2,2% atteignent le supérieur. Cela est d’autant plus vrai que sur la réalité des inégalités basées sur le genre, 71,4% estiment les hommes et les femmes ne sont pas traités sur le même pied d’égalité. Cependant, 24,2% de femmes pensent que dans leurs familles ou dans leurs communautés, les hommes et les femmes sont traités de même pied d’égalité alors que 4,4% restent silencieuses sur la question. Il ressort aussi de l’étude que très peu de femmes rurales dénoncent les inégalités dont elles sont victimes. Et pourtant, 66,3% estiment avoir été victimes de discrimination à plus de 40% sur le plan économique et 25% sur le plan social.

Les principaux facteurs jouant en faveur de la discrimination contre les femmes dans les trois zones sont la tradition et la religion. Mais elle est aussi accentuée par l’analphabétisme.

Sur les auteurs des inégalités basées sur le genre, avec une part de responsabilité à hauteur de 73,5% pour les époux ou partenaires sexuels des femmes et 17,6% pour les membres de la famille des victimes, l’étude met en évidence que les sphères conjugales et familiales sont les domaines de prédilection des discriminations contre les femmes en milieu rural.

Le labour à la charrue piloté par les-femmes à Bitkine

Inégalités basées sur le genre : Un lourd tribut payé par la femme mais aussi par la société

Les impacts des inégalités basées sur le genre sont considérables sur la vie de la femme, la famille et de la communauté. En effet, compte tenu du rôle crucial que jouent les femmes dans l’Agriculture Familiale et dans la production agricole, les discriminations qu’elles subissent ont pour principale conséquence de maintenir les ménages dans une pauvreté accrue (24,7%). L’étude révèle qu’après la pauvreté des ménages, les impacts des inégalités basées sur le genre sont lourdement ressentis par la femme rurale qui supporte à elle seule 80 à 90% des charges familiales. La déscolarisation des enfants, les conflits conjugaux, le divorce, l’abandon de famille, etc. ne sont pas en reste. On note des iniquités dans le traitement et la répartition des ressources et moyens de production qui constituent un frein à l’épanouissement de la femme rurale et au développement communautaire.

Entretien avec le Chef de Canton de Bobdo et son staff

Des actions identifiées pour lutter effacement contre les inégalités basées sur le genre.

L’étude a révélé que les inégalités basées sur le genre sont une réalité endogène à la vie sociétale, et leurs impacts sur l’employabilité de la femme rurale sont alarmants.

Pour Inades-Formation Tchad et ses partenaires, les résultats de l’étude serviront pour les actions de plaidoyer, de conscientisation et de sensibilisation orientées vers les décideurs, les victimes et les auteurs des inégalités basées sur le genre

Former et sensibiliser sur les droits de la femme sont des actions idoines à mener. Pratiquement, il convient de renforcer la capacité économique des femmes par la subvention des moyens de production, promouvoir le dialogue et impliquer les autorités locales dans la vulgarisation des instruments juridiques de lutte contre les violences basées sur le genre et l’accès à la terre pour la gent féminine.

 

Du 16 au 21 septembre 2019, Inades-Formation a organisé des ateliers de simulation prospective sur la gouvernance foncière inclusive dans trois localités du canton de Tioroniaradougou. Ces simulations sont faites à partir de l’outil TerriStories.

300 participants, c’est environ le nombre de personnes qui ont pris part aux ateliers de simulation prospective de gouvernance foncière inclusive à travers l’outil TerriStories, organisés par Inades-Formation dans le canton de Tioroniaradougou. Parmi ces participants, se trouvaient les autorités coutumières et religieuses, leaders d’opinion ; les responsables d’OSC (les présidents de jeunesses et de femmes); les populations des villages.

Trois localités du canton ont accueilli les ateliers, notamment, la sous-préfecture de Tioroniaradougou, les 16 et 17 septembre 2019 ; la sous-préfecture de Dassoumgboho, les 18 et 19 septembre 2019 et le village Nambékaha, les 20 et 21 septembre 2019.


Vues des chefs traditionnels à Tioroniaradougou

L’objectif de ces ateliers étaient de réaliser des dialogues intercommunautaires autour de l’outil TerriStories, en vue de recueillir la diversité d’expression autour de la gouvernance foncière à Tioroniaradougou. Il s’agissait de manière spécifique de :

  • Etablir des principes d’héritage foncier consensuel en lien avec les principes coutumiers et le droit moderne à Tioroniaradougou
  • Proposer un modèle consensuel de contractualisation (achat, vente, localisation, don, etc.) foncière capable de pérenniser les droits des exploitants et des éleveurs ;
  • Définir des alternatives d’accès durable à la terre pour la femme à Tioroniaradougou ;
  • Déterminer les règles consensuelles de gestion et de prévention des conflits liés à la cohabitation de l’agriculture et l’élevage.

En effet, comme dans beaucoup d’autres contrés en Côte d’Ivoire, dans le canton de Tioroniaradougou, dans le Nord de la Côte d’Ivoire, les règles coutumières de gestion foncière sont très présentes. Des règles qui parfois ne sont pas conformes au droit moderne ou entraînent des conflits familiaux. C’est le cas par exemple des conflits de succession entre les fils et les neveux gestionnaires des terres, liés à l’accroissement des enjeux autour de la terre du fait du développement de l’anacarde. A Tioroniaradougou, la gouvernance foncière coutumière exclue l’appartenance ou la propriété foncière à un individu; elle est la propriété de la communauté, léguée aux générations suivantes selon des règles particulière.

Jeu de rôle avec l’outil TerisTorries dans la Sous-prefecture Dassoumgboho

Les ateliers ont été organisés dans le cadre du projet d’expérimentation pilote d’une gouvernance foncière inclusive en Côte d’Ivoire à travers l’outil TerriStories, réalisé par Inades-Formation. Ce projet a pour objectif de contribuer à la gestion inclusive et durable du foncier pour un climat paisible et garantir l’accès de tous à la terre en Côte d’Ivoire.

Les populations surtout les femmes ont apprécié cette nouvelle démarche qui leur permet de s’exprimer librement sur les questions foncières de leur localité. Avec les jeux de rôle et les simulations, certains participants ont reconnu l’impasse dans laquelle se trouve la chefferie pour trancher certains problèmes très délicats.

Selon M. Gbanfrin Paul, expert en gouvernance du foncier rural, chargé du projet d’expérimentation pilote en gouvernance foncière inclusive en Côte d’Ivoire d’Inades-Formation, il ressort de ces ateliers que les populations restent attachées à leur régime successoral qui accorde l’héritage foncier au neveu. Toutefois, elles se sont accordées sur le fait de céder une partie de cet héritage foncier aux enfants de l’oncle qui, dans certains cas sont lésés ou spoliés de leurs droits.

Les participants ont défini quelques règles pour faciliter la cohabitation entre l’agriculture et l’élevage. Ils ont en effet, fixé des heures de pacages et sortie des animaux. Ils ont défini les critères et les dispositions à prendre pour les pâturages. Quel que soit l’ampleur des dégâts de cultures des bœufs d’attelages, la victime doit pardonner pour des raisons de cohésion entre les populations.

Dans une prochaine étape, les propositions faites seront validées de manière consensuelles et soumises à l’adoption des chefs de villages et de canton.

Inades-Formation Burkina accompagne  depuis près d’une quinzaine d’années  le processus de décentralisation au Burkina à travers la mise en œuvre de projets de développement.

En 2003-2004, Inades-Formation Burkina a mis en œuvre avec le soutien financier de l’ONG/Diakonia le « projet de renforcement des capacités de la société civile pour une démocratie participative dans les communes de Banfora et Niangoloko ». Ce projet expérimental a touché 33 organisations de la société civile et les élus locaux des communes de Banfora et de Niangoloko. Ces organisations de la société civile sont composées  des associations de développement,  des syndicats et mouvements des droits de l’homme, des associations socio-professionnelles et des communautés religieuses. Le projet avait pour objectif principal de « renforcer  les capacités techniques, organisationnelles et d’action des organisations de la société civile afin  qu’elles puissent mieux participer à la gestion des affaires publiques locales ». La capitalisation du projet a permis de dégager des résultats et des changements au niveau du fonctionnement des OSC touchées, au niveau des relations entre OSC d’une part  et  d’autre part entre OSC et autorités municipales  et  dans la gestion des affaires publiques.

De 2005 à 2006, Inades-Formation Burkina a mis en œuvre avec le soutien du Fond d’Appui à l’Etat de Droit/UE  un projet similaire à celui de 2003-2004. Ce projet dénommé  « programme de renforcement des capacités des élus locaux et des organisations de la société civile pour une démocratie participative dans les communes de Boromo, Nouna et Dédougou » a touché une cinquantaine d’organisations de la société civile et 3 conseils municipaux. Ce projet visait  entre autres objectifs à éduquer les populations à la démocratie, à les aider à mieux connaitre  leurs droits et leurs devoirs de citoyens et de participer  de manière active, consciente et volontaire à la gestion de leur commune. Le projet a été capitalisé en 2006 sous forme d’un livret intitulé  « : La décentralisation au Burkina Faso, un champ fertile pour le développement : les OSC et les élus locaux de Boromo, Dédougou et Nouna à la conquête d’une citoyenneté participative »

De 2011 à 2012, Inades-Formation Burkina a eu à mettre en œuvre dans  4 régions (Centre, Centre-Nord, Centre-Sud et Plateau Central) le « projet de renforcement de la participation citoyenne pour un développement local durable » avec le financement du PROS /UE. Ce projet a eu pour objectif global de permettre aux citoyens  d’améliorer leur participation au développement de leur localité. Il avait également pour objectif de permettre  aux organisations de la société civile  de mieux connaitre leurs rôles dans le développement de leur commune et de leur région. Ce projet a touché particulièrement les associations de jeunes, les associations de femmes, les organes de presse écrite, les radios  communautaires, les associations de droits humains. Le projet a été capitalisé en 2012 sous forme d’un livret dénommé « société civile et participation citoyenne : le combat des organisations de la société civile de quatre régions »

De 2011 à 2013 le Projet d’appui à la gouvernance locale et à la souveraineté alimentaire dans les Régions de la Boucle du Mouhoun, du Centre Nord et du Sahel est mis en œuvre par Inades Formation Burkina financé par l’ONG Belge Broederlijk Delen. Un des axes clefs de ce projet est l’axe décentralisation et gouvernance locale qui a touché comme cible les acteurs de la société civile et les conseillers municipaux et régionaux. Il a été mis en œuvre dans 9 collectivités territoriales dont 6 communes et 3 chefs lieu de région (Centre Nord, Boucle du Mouhoun).  Son objectif était de contribuer à l’amélioration de la gouvernance locale dans les collectivités territoriales touchées à travers d’une part une plus grande redevabilité des autorités envers les citoyens et d’autre part, une plus grande participation des organisations de la société civile dans la gestion des affaires publiques locales.

De 2013 à 2017  Inades-Formation a mis en œuvre avec le soutien du PACT /Banque Mondiale « le Projet de renforcement de la participation citoyenne dans la région du Plateau Central ». Ce projet a couvert les 20 communes que compte la région du Plateau Central et a touché l’ensemble des acteurs de développement de la commune et plus spécifiquement les organisations de base telles que les associations des parents d’élèves (APE), les associations des mères éducatrices (AME), les comités de gestion (COGES) santé et éducation, les associations des usagers de l’eau (AUE) et les élus locaux. L’objectif global de ce projet était de renforcer les systèmes de gestion des collectivités territoriales pour améliorer la fourniture des services sociaux de base dans les communes de la région et à y améliorer la participation citoyenne à la prise de décision au niveau local. L’objectif spécifique était que : « les collectivités territoriales sont plus performantes grâce à une meilleure surveillance communautaire et les populations s’engagent activement dans les prises des décisions locales. »

De 2014 à 2016 avec le partenaire belge Broederlijk Delen, Inades Formation Burkina a exécuté dans la région Nord du Burkina, le projet d’appui à la souveraineté alimentaire, à la gouvernance locale et à la gestion durable des ressources naturelles.  Subdiviser en quatre axes, l’axe 4 dénommé « influence des politiques et décentralisation » ambitionne comme changement des organisations du Monde Rural fortes et autonomes et qui arrivent à influencer des actions et politiques publiques en défense des droits et intérêts des populations rurales. Les acteurs directs touchés par ce projet sont les organisations de la société civile et les élus locaux.

A partir de 2017, ce projet est passé à sa deuxième phase de mise en œuvre pour une période de 5 ans. L’axe influence des politiques et décentralisation de ces 2 phases sont mis en œuvre dans 13 communes rurales et urbaines de la région Nord.