Le lancement officiel des activités du Fonsdev Bumba a eu le 14/11/2009, dans le cadre du « projet de renforcement de capacité socio économique des paysans du territoire de Bumba », financé par AECID/ALBOAN. Au départ, plus de 250 membres solidaires ont mobilisé les épargnes solidaires de plus de 5000 $, constituant ainsi le capital social de leur Fonsdev. Cela a permis au Fonsdev Bumba de commencer à octroyer les crédits à ceux qui en ont besoin.

L’activité de l’épargne tontine a été lancée à Bumba en Janvier 2010. Le travail a commencé par l’étude de faisabilité, l’identification et la sensibilisation des quartiers à forte activité économique qui constituent des zones de collecte de l’épargne tontine. Les promotrices ont été formées et elles ont commencé à aller vers ces zones identifiées pour intéresser les vendeurs et vendeuses des étalages, des boutiques, des vendeuses des sacs vides, des cordonniers,… à accepter de s’adhérer à la tontine. Dès que la personne a accepté d’épargner, la promotrice va chaque jour auprès de lui pour le recouvrement de sa mise. Là elle remplit, signe ou codifie la carte suivant la mise du membre. Elle remet ensuite la carte au propriétaire (membre tontine). Elle remplit aussi le bordereau de versement, ramène le bordereau au Superviseur pour vérification et va verser les montants collectés à la caisse du Fonsdev.

Avant de retirer son argent épargné, à la fin du mois, le membre doit amener sa carte chez le superviseur. Le superviseur reçoit de la promotrice la liste des membres de l’épargne tontine pour le mois en question. Il contrôle les mises de la carte par rapport au montant qui se trouve dans le bordereau. Il regarde la carte si la promotrice l’a validé par une mention, endossé et signé la dernière case de la carte présentée. Il fait la comparaison entre les totaux des bordereaux de versement à la caisse et la liste de fin du mois pour tirer la différence s’il y en a et harmoniser avec la promotrice la liste par rapport aux bordereaux. C’est après toutes ces vérifications que le superviseur acquitte et remet la carte au caissier(ère). La caisse paye le montant à l’épargnant et une mise journalière est retenue par la caisse. La carte payée est gardée aux archives de la caisse.

C’est à partir du mois d’avril 2010 que l’activité de l’épargne tontine commença à connaitre une expansion marquée par l’augmentation du nombre des membres et des promotrices ainsi que par l’octroi des crédits tontine et la mise journalière des épargnants qui varie actuellement entre 500 FC à 40.000FC, alors qu’elle variait entre 100 FC à 500 FC au départ.

A ce jour, le Fonsdev Bumba compte plus de 1500 membres tontiniers qui ont épargné plus de 81.000 $. Le Fonsdev Bumba a recruté 12 promoteurs (dont 10 femmes) et un superviseur pour l’encadrement et le suivi journalier des promotrices, étant donné que la tontine est un produit à haut risque. Le Fonsdev Bumba a aussi octroyé des crédits tontines à plus de 500 membres tontiniers pour une valeur de plus de 54.000 $.

Grâce à l’épargne tontine, la culture de l’épargne s’est répandue dans la cité de Bumba, et la fréquentation au Fonsdev Bumba a augmenté.

Avec l’accès aux crédits tontines, les plus démunis augmentent et diversifient leurs activités génératrices de revenus et ont la capacité de subvenir aux besoins de leurs ménages.

« Une sécurisation foncière pour une sécurité/souveraineté alimentaire au Kongo Central »

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Lecture de la déclaration par la présidente de la FOPAKO, entourée des autres membres de l’OKCF


Les organisations paysannes et de la société civile, membres de « L’OBSERVATOIRE DU KONGO CENTRAL SUR LE FONCIER en abrégé, OKCF », réunis du 27 au 28 mai 2015 à Matadi dans le cadre de l’atelier de restitution de l’étude diagnostique de la problématique foncière au Kongo Centralont, à l’issu dudit atelier, fait une déclaration.


Dans cette déclaration intitulée « Une sécurisation foncière pour une sécurité/souveraineté alimentaire au Kongo Central » , l’OCKF se dit particulièrement préoccupé au sujet de la situation foncière et agricole qui prévaut au Kongo Central en ce qui concerne l’accès et le partage des ressources naturelles et exprime ses plus vives protestations face à la manière dont l’accès et le partage des ressources foncières sont définis et pratiqués.


L’OCKF s’engage donc avec détermination à exiger la prise en compte des intérêts des communautés locales et à n’avoir de cesse d’agir en tant que mouvements paysans du Kongo Central pour le respect des droits des communautés locales.


Il appelle les gouvernants au niveau national et provincial au respect des engagements internationaux auxquels ils ont souscrit pour la l’accès et la sécurisation des terres et la promotion de la sécurité alimentaire ;
et invite les organisations de producteurs et productrices, les ONG en activités, les organisations de consommateurs à la vigilance permanente pour empêcher la prise en otage de l’agriculture familiale et partant la réduction des paysans et paysannes à la pauvreté et à la misère.


Enfin, l’OCKF fait les recommandations suivantes à l’endroit du gouvernement national, des autorités provinciales et locales, des médias et de la société civile pour une meilleure gestion foncière, respectueuse des droits des communautés locales.


Au gouvernement national  :
Dans le cadre de la Commission Nationale de Réforme Foncière (CONAREF) :

  • Faire pression au niveau de la CONAREF pour l’harmonisation des lois sur le foncier, l’habitat, l’agriculture, la forêt, le minier pour la protection des droits des populations locales.
  • Mettre en place et suivre les mécanismes garantissant la gestion concertée du foncier rural ;
  • Prendre les mesures tant attendues pour adresser le gap entre la constitution, les lois foncières, la coutume et les pratiques locales en matière de droits de jouissance des communautés des terres ancestrales ;
  • Que le droit de propriété des communautés locales soit reconnu et clairement défini au regard de la constitution de notre Etat la République Démocratique du Congo ;


Aux autorités provinciales et locales :

  • Qu’une politique agricole provinciale et locale soit adoptée pour améliorer le droit de propriété et d’usage des populations locales et accompagner les dynamiques paysannes en matières foncière.
  • Qu’un inventaire soit fait sur les terres occupées par les concessions et devenues vacantes suite à la faillite des entreprises nationalisées ;
  • Que les terres soient massivement cadastrées au nom des populations ayants droit (les gardiens de la terre au sens de la loi foncière) afin que soit mis fin au phénomène d’accaparement des terres dans la province par certaines élites nationales.


Aux médias et à la société civile :

  1. Sensibiliser, informer et former les communautés et l’opinion publique sur la sécurisation foncière et le phénomène d’accaparement des terres agricoles pour un éveil de conscience citoyenne ;
  2. Rendre opérationnelle et dynamique l’observatoire sur le foncier auquel nous, organisations de la société civile et organisations paysannes sont membres.
  3. Renforcer les cadres de collaboration entre les médias et les OSC dans la vulgarisation des lois foncières ;
  4. Renforcer les cadres de concertation, réflexion et d’action sur les questions d’accès et de sécurité foncières au niveau national
  5. Assurer le suivi des recommandations de cet atelier.

Notons que la déclaration est signée par les organisations paysannes du Kongo central dont deux coalitions à savoir la FOPAKO qui couvre 12 entités administratives et regroupe 175 unions et OPA ainsi que 2320 associations et , le CRONGD qui regroupe 32 ONG de développement locales.


Lire la déclaration en entier et la liste des signataires

Le Fonds de solidarité pour le développement (FONSDEV) est un modèle de mobilisation des ressources financières par les paysans et pour les paysans mis au point par Inades-Formation.

Les petits paysans qui forment la grande majorité de la population des pays en développement (70 % en moyenne), n’ont pas accès aux des banques classiques qui exigent beaucoup de formalités administratives et de nombreuses garanties les ressources financières nécessaires pour soutenir et diversifier leurs projets de développement. Très peu de structures modernes leur accordent les crédits nécessaires à l’achat des moyens de production. C’est pourquoi, il a fallut aider à mettre en place, des instruments durables d’autofinancement du développement rural comme le FONSDEV

Le Fonds de solidarité pour le développement (FONSDEV) est une institution à caractère social, créée par des personnes physiques et morales d’une communauté, pour mobiliser des ressources financières endogènes sous forme d’épargnes des membres et les redistribuer sous forme de micro crédits destinés aux activités de développement et autres besoins sociaux de cette communauté.

Le FONDEV est le passage d’une banque des riches à une banque des pauvres ; des bâtiments luxueux des grandes villes aux cases du village ; d’un raisonnement purement économique à un raisonnement social.

Comme son nom l’indique, le FONSDEV, instrument de solidarité financière, met l’accent sur la solidarité entre les paysans avec le souci de toucher les plus pauvres et sur l’autonomie et la responsabilité de ses membres.

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