Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Accompagnement du repositionnement des vivres de souveraineté dans une dynamique de développement territorial pour une alimentation suffisante, saine et durable des populations au Sud du Sahara», Inades-Formation Tchad a rencontré  les différents acteurs projet pour une mise au point des actions dudit projet.   

Du 07 au 16 Septembre 2020, Inades-Formation Tchad a réalisé une mission de prise de contact et de recadrage des modalités de mise en œuvre avec les acteurs du projet « Accompagnement du repositionnement des vivres de souveraineté dans une dynamique de développement territorial pour une alimentation suffisante, saine et durable des populations au Sud du Sahara ». Cette mission a permis de rencontrer les producteurs, des restaurateurs de proximité et les communicateurs dans les Provinces du Logone Occidental, du Mayo-kebbi Est, du Chari Baguirmi et dans la ville de N’Djamena.

Les objectifs de ces rencontres étaient  d’échanger avec les producteurs semenciers concernés  sur les mécanismes de production des semences des vivres de souveraineté et la promotion de l’agroécologie, d’identifier des restaurateurs de proximité et des communicateurs autour des vivres de souveraineté dans les stations des radios locales en vue de la constitution d’un Réseau des Communicateurs.

Elle s’est déroulée  à Doguindi dans la Province du Logone Occidental, à Bongor,  Moulkou et  Guelendeng dans la Province du Mayo-kebbi Est, à Dourbali et Madana dans la Province du Chari Baguirmi et dans la ville de N’Djamena.

71 producteurs semenciers et promoteurs de l’agroécologie mobilisés

Quatre rencontres d’échanges et des visites des champs semenciers de Niébé TN-5, de sorgho S-35 de Mil GB et d’autre culture de grande production notamment le sorgho rouge ont été réalisées au cours de la mission et ont permis de toucher 71 producteurs de semences de Fonio, de Mil GB, du Sorgho S-35, du Sorgho local et du Niébé et promoteurs agroécologiques.

Ces rencontres réalisées à Doguindi, Moulkou, Madana et Angoudoum ont permis de réitérer l’engagement d’Inades-Formation Tchad dans l’accompagnement des producteurs de semences et le transfert des compétences nécessaires à la sécurisation du potentiel semencier à partir des semences vulgarisées en 2018 et de promouvoir les bonnes pratiques et savoirs locaux notamment la sélection massale. Les rencontres ont servi également de cadre de présentation de l’Approche agroécologique, qui est indissociable du processus de production des semences.

En effet, l’enjeux dans cette deuxième phase du projet est de faire des producteurs de semences des innovateurs/entrepreneurs locaux de l’approche « produire sans détruire » à partir des intrants organiques.

Sur le plan organisationnel, des appuis conseils relatifs à l’organisation des semenciers en groupement et au partage des informations entre les producteurs ont été apportés. L’appui en cette deuxième phase concourra également à la concrétisation de la mise en Réseau des producteurs de semences d’Angoudoum Daoud, de Madana, de Moulkou initié pendant la phase 1 du projet en 2019, auxquels s’ajoutent les producteurs de semences de Fonio identités récemment à Doguindi.

Dans certaines localités visitées, les rencontres ont lieu expressément en présence des Chefs de Canton et village et ont servi d’occasion pour présenter l’intervention d’Inades-Formation dans la zone particulièrement dans le Département de Ngueni/Province du Logone Occidental.

Les rencontres ont permis de présenter les vertus et les enjeux relatifs au fonio, au sorgho, au mil, au niébé et au poulet local.

Sur le plan technique, les constats réalisés dans le suivi des activités révèlent que les champs installés suivent globalement la norme d’Isolement des parcelles dans des localités visitées comme on peut le constater à travers le champ semencier de Mil GB et sorgho respectivement de Moulkou et Gournaida

Toutefois, des appuis conseils et démonstration de contrôle aux champs des différents stades phrénologiques des cultures ont été nécessaires avec les producteurs visités.

D’après les données recueillies et observées sur le terrain, les superficies totales des semences de vivres de souveraineté des localités visitées et respectant la norme d’isolement sont estimées à 29 ha reparties comme dans le tableau ci-après par localité :

En plus des champs semenciers visités, une fiche a été remise à chaque représentant des groupes des producteurs pour répertorier les superficies des productions des vivres de souveraineté pour la campagne en cours. Cette initiative nous permettra de de faire éventuellement un état des lieux exhaustif des superficies emblavées et rendements obtenus pour les producteurs de semences et promoteurs de l’agroécologie en cours d’accompagnement.

Le projet « Accompagnement du repositionnement des vivres de souveraineté dans une dynamique de développement territorial pour une alimentation suffisante, saine et durable des populations au Sud du Sahara » est un projet réalisé dans tous les pays du réseau Inades-Formation. Démarré en 2020 pour une période de 3 ans (de 2020 à 2022), il a pour objectif global de contribuer au développement d’une société rurale et urbaine prospère et influente dans laquelle les hommes et les femmes pourront mener une vie digne et jouir d’une alimentation saine et suffisante qui soit produite de manière durable.

Un réseau des communicateurs journalistes pour la promotion des vivres de souveraineté 

En vue d’assurer une bonne communication autour des Vivres de Souveraineté, Inades-Formation Tchad, à travers ce projet, mettra en place un pool des communicateurs professionnels de la radiodiffusion. Des rencontres ont été organisées au cours de la mission à cette fin et ont concerné trois stations radiophoniques : La Radio Kar-Ouba de Moundou, la Radio Terre Nouvelle (RTN) de Bongor et la Radio Nationale de Diffusion Tchadienne (RNT). Ces rencontres ont servi de cadre de présentation d’Inades-Formation et son intervention en général et l’enjeu de promotion des vivres de souveraineté en particulier.

Les rencontres d’échange avec les responsables, les journalistes et les chargés de programmes de ces stations susmentionnées ont porté tout d’abord sur les différents maillons (Production, transformation, conservations…) du projet et la nécessité de mettre en place un réseau/pool des journalistes/communicateurs sur les vivres de souveraineté afin de conscientiser massivement les acteurs notamment les consommateurs Tchadiens à tous les niveaux.

Les échanges ont porté sur différents points dont les différents objectifs du projet et l’engagement de ces radios aux côtés d’Inades-Formation Tchad pour promouvoir les vivres de souveraineté et l’élaboration du cadre formel de partenariat. Ainsi ont été abordés :

  • Pour le maillon production : la sécurisation semencière et la production des semences suivant les normes semencières et agroécologiques ;
  • Pour le maillon transformation : L’innovation et la transformation des vivres à travers les restaurants de proximité en des différents mets et suivant les normes hygiéniques afin d’attirer les consommateurs ;
  • Pour le maillon consommation : La sensibilisation de masse du public et le réseautage des communicateurs autour des vivres de souveraineté ;
  • Pour le maillon Influence des politiques : Le plaidoyer en faveur des politiques publiques favorables aux vivres de souveraineté.

L’accent a été mis sur la question le partage de la vision  et les enjeux dont regorge le du projet face aux missions et plans de communication de ces stations radios et la possibilité de mettre en place un réseau des journalistes professionnels indépendants ou non pouvant communiquer régulièrement sur les vivres de souveraineté à différents niveaux.

Au termes échanges, il est ressorti que :

  • Les stations locales (Radio Kar-Ouba et Radio RNT) s’intéressent au projet et partagent les enjeux ciblés. Elles entendent intégrer certains aspects du projet dans leurs communications et programmes. D’ailleurs, la question de développement rural et de l’agriculture est inscrite dans les microprogrammes desdites radios (Espace culturelle pour la Radio Kar-Ouba, et Développement rural pour la RTN de Bongor). De même, la radio RTN via son chargé de programme s’engage en tant que professionnel indépendant dans le processus et entend intégrer le projet dans son espace MONDE RURA.
  • Les points focaux ci-dessous pouvant faire partis du réseau sont identifiés momentanément pour la mise en place du réseau des communicateurs autour des vivres de souveraineté.

En marge des échanges, un support audio et documents de présentation du projet ont été remis à chaque station, afin de leur permettre de mieux connaitre le projet et l’accompagnement d’IFT dans leurs futures initiatives en lien avec les vivres de souveraineté.

Des besoins en renforcement de capacité pour les 21 restaurateurs/restauratrices identifiées  

Rencontre avec les restauratrices de proximité

Dans l’optique stimuler la consommation de masse des vivres de souveraineté, des  contacts ont été pris et réunions organisées à Moundou, à Bongor, à Guelendeng et à N’Djamena. Ces rencontres ont été l’occasion d’échanger sur les possibilités et modalités de collaboration avec les restaurants de proximité en vue de la promotion des Vivres de Souveraineté  dans les localités visitées.

A N’Djamena, à Moundou et à Bongor les restaurateurs/restauratrices ont été identifiés directement dans leurs différents espaces de restauration ; à Guelendeng, l’identification a été faite parmi les femmes déjà accompagnées en 2018 dans le cadre de la phase 1 du projet.

Ces rencontres ont permis également aux femmes détentrices des restaurants de présenter comment elles valorisent les mets à base du Mil penicillaire, du Sorgho rouge, des légumes feuilles dans leurs différents services.

Les restaurateurs et restauratrices rencontrés ont évoqué les contraintes qui se posent à eux notamment  leurs limites dans la diversité des recettes et produits dérivés à base des vivres de souveraineté. Des contraintes qui nécessite des appuis techniques, financiers et matériels adéquats en matière de transformation du Mil, du poulet local, du Fonio, du sorgho et de niébé.

Les participantes ont en outre partagé entre elles, quelques recettes et méthodes de préparation des mets sollicités par leur clientèle dans leurs différentes localités respectives. Au total, 21 participants dont 1 homme, tous détenteurs/prestataires professionnels en matière de restauration ont été identités.

Inades-Formation Tchad / Service communication

Les pesticides sont des substances utilisées pour lutter contre des organismes considérés comme nuisibles (mauvaises herbes, insectes, champions…). C’est un terme générique qui rassemble les insecticides, les fongicides, les herbicides et les parasiticides, conçus pour avoir une action biocide ou d’élimination des organismes nuisibles précités. Ils sont des produits issus du progrès de la chimie minérale qui s’est développée au 19eme siècle, notamment à travers la mise en place du dichlorodiphényltrichloroéthane connu sous le nom de DDT mais rapidement interdit sur les marchés[1].

Au Tchad, l’emploi des produits chimiques en général et les pesticides en particulier a véritablement commencé avec l’introduction du Coton en 1927 par l’Association Cotonnière Française dans l’espace colonial A.E.F (Afrique Equatoriale Française), même si déjà dans les années 1918, les Belges commencent à poser la base de l’industrie du Coton avec certains produits de protection phytosanitaires[2].

Depuis lors, plusieurs types de pesticides tels que le DDT connu sous le nom vulgaire « Ladrine », le patcha RS, le PESTOX… sont utilisés régulièrement comme insecticides par les producteurs. Certains producteurs utilisent l’AminoForce2,4-D ; le Phénols nitrés, les amides, ou d’autres produits pour éliminer les mauvaises herbes avant l’installation de certaines cultures maraîchères et le sorgho de décrue « bérbéré » comme ce fut le cas relevé dans les photos ci-dessous d’un champ traité au « Rundong », un herbicide non homologué avec un effet de destruction systématique de toute graminée dans un champs d’un exploitant à Loumia dans le Chari-Baguirmi.

Echantillon de graminée détruite par l’herbicide

Constats de la dangerosité des pesticides dans les zones d’intervention d’Inades-Formation Tchad

Dans les zones d’intervention d’Inades-Formation Tchad en dépit des appuis conseils, des formations et sensibilisation réalisés au profit des producteurs accompagnés à travers les projet et programmes, certains producteurs maraichers utilisent beaucoup des herbicides de tout genre et sans le respect des normes sécuritaires et de protection. En effet, on constate que le DDT produit utilisé dans la protection du coton et interdit déjà dans le marché agricole est utilisé pour la protection du Niébé contre certains coléoptères et bruches ou sur les cultures maraîchères notamment les choux contre les papillons succès et la teigne.

Or, ce sont des produits dangereux pour l’organisme humain et surtout pour d’autres insectes non ciblés mettant ainsi en péril la biodiversité des zones d’intervention. Leur usage sur les produits maraichers et autres cultures comme le niébé constitue un danger pour les agriculteurs eux-mêmes et les consommateurs de ces produits.

C’est pourquoi, dans le cadre de la promotion des vivres de souveraineté à travers les Cercles des Innovateurs Locaux de l’Agroécologie (CILA), Inades-Formation Tchad a réalisé en août dernier, une série de rencontres de sensibilisation des promoteurs de l’agroécologie et les producteurs de semences ( semences homologuées de Sorgho S-35, Mil GB et Niébé T-N 5 et des semences locales par sélection massale) sur les dangers que représentent ces pesticides pour la santé humaine et la destruction de l’environnement et de la biodiversité. Car, dans l’emploi des pesticides, une petite partie parvienne aux ravageurs ciblés. Mais le reste du produit peut soit tomber directement dans le sol et les points d’eau de surface ou peut être ingéré par d’autres insectes et oiseaux et même pour l’homme lorsque les produits traités se retrouvent dans les assiettes des consommateurs.

L’utilisation de ces produits tend à croitre bien que le Tchad dispose, non seulement d’une liste exhaustive des pesticides homologués à l’instar des autres pays du CILSS (Comité inter-Etat de Lutte contre la Sècheresse dans le Sahel) mais également des législations en la matière dont la Loi N° 14/PR/ 95 sur la protection des végétaux.

Rencontre de sensibilisation des producteurs dans le village d’Angoudoum Daoud

Les mesures alternatives envisagées

Comme alternative à l’emploi des herbicides, Inades-Formation Tchad prône une série des techniques et pratiques culturales allant de la rotation des cultures à la lutte intégrée, en passant par la lutte biologique ou le nettoyage du sol et des plantes.

L’accompagnement dans cette recherche d’alternatives, consiste à amener les producteurs à réorienter leurs modes de production, de transformation, de traitement et conservation des produits agricoles vers des méthodes plus respectueuses de l’environnement, de la santé de l’être humain et du milieu.

A cet effet, quatre types d’approches autres que les méthodes chimiques à savoir la lutte physique, la lutte biologique, les biopesticides et la lutte intégrée seront promues. Ces quatre méthodes sont connues depuis bien longtemps, mais avec l’arrivée des pesticides, elles sont peu à peu oubliées non pas par manque d’efficacité mais par la recherche de la facilité et arguments souvent non avantageux avancés par les fabricants et vendeurs des pesticides modernes. Du fait de leurs faibles coûts ou de leur durée de protection qui s’étale sur plusieurs mois, les pesticides restent un danger pour le système de production durable et susceptible de créer une dépendance des agriculteurs.

Cultures sans pesticides chimiques

 

[1] En 1972, l’agence de protection de l’environnement des États-Unis interdit l’utilisation du DDT dans le pays, hormis pour des raisons médicales ou pour l’exportation. Cette décision se fonde sur quatre rapports scientifiques produits entre 1963 et 1969
[2] Annales de géographie  Année 1957  358  pp. 499-508 la culture du coton au Tchad

En juillet 2020, la Plateforme d’Echanges et de Promotion de l’Agriculture Familiale au Tchad (PEPAF-Tchad) a réalisé une étude diagnostique sur les inégalités basées sur le Genre afin de mieux appréhender le phénomène et y apporter des  solutions appropriées. 6 Départements étaient concernés par cette étude.

Les inégalités basées sur le genre sont une réalité endogène à la vie sociétale, et leurs impacts sur l’employabilité de la femme rurale sont alarmants. Les femmes rurales restent le pivot des familles et aspirent de plus en plus à la responsabilité dans la gestion des ménages. Pourtant, elles sont victimes de discrimination.

La question de la participation de la femme au développement, à la prise de décision au sein des ménages, ou tout simplement à son autonomisation économique a toujours figuré en bonne place dans les politiques publiques ou les objectifs des organisations de promotion des droits humains, pour l’évidente raison qu’elle fait face à des contraintes structurelles persistantes qui constituent par-delà un frein au développement durable. Raison pour laquelle, Inades-Formation Tchad et ses partenaires entendent améliorer l’accès des femmes aux ressources productives, réduire les inégalités de genre pour renforcer la femme dans son rôle et ses fonctions sociales.

Aussi, pour mieux appréhender la problématique des inégalités basées sur le genre et contribuer à les réduire, Inades-Formation Tchad et ses partenaires, au sein de la Plateforme d’Echanges et de Promotion de l’Agriculture Familiale au Tchad, la PEPAF-Tchad, ont mené une étude diagnostique sur « les inégalités basées sur le genre et leurs impacts sur les femmes en milieu rural au Tchad ». Cette étude s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de « Renforcement structurel et des capacités d’influence des organisations de la société civile pour le développement de l’Agriculture Familiale et la lutte contre la pauvreté au Tchad », mis en œuvre par la PEPAF-Tchad avec l’appui financier de l’Agence Basque de Coopération pour le Développement (ABCD).

L’étude, réalisé en juillet 2020, met l’accent sur le rapport entre les hommes et les femmes et, la place et le rôle de la femme dans la chaine de production agricole en milieu rural pour relever toutes les situations d’inégalités de genre.

De manière spécifique, elle visait à :

  • Analyser les situations répertoriées en adéquation avec la législation nationale et internationale, avec les politiques nationales en matière de genre et la promotion féminine en faisant ressortir tous les facteurs d’inégalités, de l’exclusion de la femme au processus de développement et à sa participation citoyenne;
  • Faire une analyse exhaustive des impacts des inégalités répertoriées sur les femmes en milieu rural ;
  • Formuler des recommandations en termes d’actions à mener pour la réduction drastique des situations d’inégalités évoquées par l’étude.

Focus group avec les femmes à Bédaya

La coutume, la religion et l’analphabétisme, trois facteurs à la base de la discrimination des femmes

L’étude a été menée dans 6 Départements regroupés en trois (3) zones que sont le Sud, le Centre et le Centre-Nord. 14 entrevues individuelles, 8 focus groups avec plus de 120 personnes sont réalisés et 91 enquêtes individuelles auprès des intéressées/victimes ont été réalisés à Bédaya, Bodo, Moulkou, Linia, Bitkine et Gambir.

Les personnes enquêtées sont de la tranche d’âge comprise entre 35 et 64 ans avec 64,2% de personnes de 35 à 49 ans. Aussi, 67,4% des participantes à l’enquête individuelle sont des femmes mariées. Elles sont suivies par les femmes divorcées ou les veuves (31,5%).

De par sa place et son rôle au sein de la famille et dans la communauté, l’étude a établi que la femme rurale est essentiellement ménagère, avec comme principale activité professionnelle l’agriculture (45,2%), suivie du commerce (38,9%). En moyens de production, alors que 85,5% de femmes déclarent pouvoir accéder à des terres cultivables, seulement 7,3% et 16,4% disposent respectivement de bœufs d’attelage et de moyens roulants. Le taux de celles qui ont recours aux coopératives ou aux caisses d’épargne n’est que de 10,9%.

Avec un niveau d’instruction relativement faible, la femme rurale perçoit difficilement les enjeux de la discrimination dont elle est victime. Sur la population enquêtée, 46,2% sont sans instruction. Et même si, respectivement 33% et 16,5% parviennent au primaire et au secondaire, seulement 2,2% atteignent le supérieur. Cela est d’autant plus vrai que sur la réalité des inégalités basées sur le genre, 71,4% estiment les hommes et les femmes ne sont pas traités sur le même pied d’égalité. Cependant, 24,2% de femmes pensent que dans leurs familles ou dans leurs communautés, les hommes et les femmes sont traités de même pied d’égalité alors que 4,4% restent silencieuses sur la question. Il ressort aussi de l’étude que très peu de femmes rurales dénoncent les inégalités dont elles sont victimes. Et pourtant, 66,3% estiment avoir été victimes de discrimination à plus de 40% sur le plan économique et 25% sur le plan social.

Les principaux facteurs jouant en faveur de la discrimination contre les femmes dans les trois zones sont la tradition et la religion. Mais elle est aussi accentuée par l’analphabétisme.

Sur les auteurs des inégalités basées sur le genre, avec une part de responsabilité à hauteur de 73,5% pour les époux ou partenaires sexuels des femmes et 17,6% pour les membres de la famille des victimes, l’étude met en évidence que les sphères conjugales et familiales sont les domaines de prédilection des discriminations contre les femmes en milieu rural.

Le labour à la charrue piloté par les-femmes à Bitkine

Inégalités basées sur le genre : Un lourd tribut payé par la femme mais aussi par la société

Les impacts des inégalités basées sur le genre sont considérables sur la vie de la femme, la famille et de la communauté. En effet, compte tenu du rôle crucial que jouent les femmes dans l’Agriculture Familiale et dans la production agricole, les discriminations qu’elles subissent ont pour principale conséquence de maintenir les ménages dans une pauvreté accrue (24,7%). L’étude révèle qu’après la pauvreté des ménages, les impacts des inégalités basées sur le genre sont lourdement ressentis par la femme rurale qui supporte à elle seule 80 à 90% des charges familiales. La déscolarisation des enfants, les conflits conjugaux, le divorce, l’abandon de famille, etc. ne sont pas en reste. On note des iniquités dans le traitement et la répartition des ressources et moyens de production qui constituent un frein à l’épanouissement de la femme rurale et au développement communautaire.

Entretien avec le Chef de Canton de Bobdo et son staff

Des actions identifiées pour lutter effacement contre les inégalités basées sur le genre.

L’étude a révélé que les inégalités basées sur le genre sont une réalité endogène à la vie sociétale, et leurs impacts sur l’employabilité de la femme rurale sont alarmants.

Pour Inades-Formation Tchad et ses partenaires, les résultats de l’étude serviront pour les actions de plaidoyer, de conscientisation et de sensibilisation orientées vers les décideurs, les victimes et les auteurs des inégalités basées sur le genre

Former et sensibiliser sur les droits de la femme sont des actions idoines à mener. Pratiquement, il convient de renforcer la capacité économique des femmes par la subvention des moyens de production, promouvoir le dialogue et impliquer les autorités locales dans la vulgarisation des instruments juridiques de lutte contre les violences basées sur le genre et l’accès à la terre pour la gent féminine.