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L’Entrepreneuriat Semencier Paysan (ESP) mis en oeuvre dans le cadre du dans le cadre du Programme Intégré Kwilu (PIK) en RD Congo

La durabilité de toute filière semencière repose sur l’amélioration et l’introduction de nouvelles variétés, l’efficacité de la production, du système de contrôle et de la commercialisation des semences, la réduction des coûts de production (qualité/prix), etc.

C’est pourquoi, dans le cadre du programme Intégré Kwilu (PIK), l’Antenne de Kikwit d’Inades-Formation RD Congo accompagne les efforts des unions de producteurs agricoles dans la mise en œuvre de l’entreprenariat semencier paysan (ESP).

L’objectif visé est de contribuer à rendre disponible, à moindre coût et de manière permanente, la semence de qualité des principales spéculations exploitées dans la zone.

Ainsi, pour la campagne 2017-2018, l’Antenne d’Inades-Formation RD Congo a fourni, au Centre Semencier Paysan de Proximité (CSPP) de Mikwi, 180 Kg et au CSPP de Sia, 120 Kg de semences de base d’arachide Jl24. Ce qui a permis de produire au total de 1290 Kg de semences R1. Les 1290 Kg de semences d’arachide produites ont été données aux Agri-Multiplicateurs dans les Unions pour la production des semences R2. La production de semences R2 attendue est de 6.000 Kg.

Pour les saisons précédentes, les semences R2 produites ont été reparties entre les Unions et les agris multiplicateurs selon la clé de répartition suivante : Agris multiplicateurs 60 %, Unions 40 %, les Unions ont l’obligation d’acheter les 60% aux agris multiplicateurs. Le prix d’achat pour un Kilogramme de R2 est fixé à 1 dollar.

Les 100% de semences R2 acquises par les Unions sont données en métayage aux ménages agricoles à travers les OP de base. Après production, les Unions récupèrent le métayage pour renforcer leurs fonds semenciers. A ce niveau, il est important de souligner que pour la campagne 2016-2017, les Unions ne sont arrivées à récupérer la totalité des semences données aux ménages agricoles avec comme raison évoquée, la persistance de la culture de la gratuité qui avait été mise en avant au début du programme PIK.

Sur un total de 9.000 Kg d’arachide attendus, seulement 1200 kg ont pu être récupérés pour toutes les Unions. Toutefois, ces données devraient être améliorées avec la campagne en cours.

La mise en œuvre de l’ESP dans la Province du Kwilu repose principalement sur les Centres Semenciers Paysans de Proximité (CSPP), le processus de multiplication des semences et le dispositif de contrôle qualité des semences.

Les Centres Semenciers Paysans de Proximité (CSPP).

Les Centres Semenciers Paysans de Proximité (CSPP) sont des sites de multiplication des semences en milieu paysan. La multiplication des semences est réalisée par un groupe de paysans, agri multiplicateurs formés sur le contrôle semencier, sous la supervision du Service national semencier au Congo (SENASEM).

Deux CSPP sont opérationnels, autour de 5 Unions : un à Mikwi autour des Unions RPBM, COP Mikwi et UADNTO, l’autre à SIA, autour des Unions UFPADS et FODESIA. Ces centres sont les propriétés des Unions qui apportent les moyens humains, matériels et financiers et assurent les opérations de contrôle.

Le rôle des CSPP est d’assurer de façon continue, la production de semences de base (G4) et de 1ère génération (R1) certifiées pour approvisionner les paysans multiplicateurs de semences au sein des unions.

Préparation du champ semencier à MIKWI

Fonctionnement du processus de multiplication des semences.

  • L’antenne de Kikwit d’Inades-Formation Congo approvisionne les CSPP en semences de prébase ou base, acquise auprès de l’INERA (Institut National d’Etude et Recherche Agronomique). A titre d’exemple, pour la première saison 2018, ce sont 720 Kg de semences de base d’arachide JL24 qui ont été fournies aux CSPP.
  • Les CSPP produisent la semence de 1ère génération (R1) en utilisant la main d’œuvre locale (les membres des OP de base). Ces semences produites R1 sont rachetées par les Unions pour être distribuées aux agris multiplicateurs en vue de la production des semences de 2ème génération (R2)
  • Les semences R2 produites sont reparties entre les Unions et les agris multiplicateurs selon une clé de répartition consensuellement définie, déjà citée ci-haut.
  • Les 100% de semences R2 acquises par les Unions sont données en métayage aux ménages agricoles à travers les OP de base. Après production, les Unions récupèrent le métayage pour renforcer leurs fonds semenciers.
  • Pour suppléer les semences R2 données en métayage, il arrive que les Unions achètent aussi auprès des producteurs, la semence dite ‘’Elite Locale’’.

CSPP MIKWI Semis d’arachide

Le système de contrôle endogène de qualité des semences à travers la stratégie des Paysans Agents de Qualité (PAQ)

Dans le cadre de la mise en œuvre de l’ESP au Kwilu, un système de contrôle endogène de qualité a été mis en place pour garantir la qualité des semences produites par les unions. Ce système est principalement basé sur l’action des paysan agents de qualité (PAQ). Le PAQ est un producteur membre d’une organisation paysanne, ayant des connaissances dans la conduite des champs et formé sur le contrôle de qualité des semences en milieu paysan.

Dans le cadre du PIK, en collaboration avec le SENASEM, deux paysans par Union ont été formés sur le contrôle semencier pour accomplir cette mission de contrôle du processus de production des semences dans les unions. Le travail des PAQ permet de faciliter les contrôles du SENASEM en vue de la certification des semences. Au total, 10 PAQ sont opérationnels.

A la découverte du fonio: une seance de dégustation

Vendredi 13 avril 2018, il était un peu plus de 13H, lorsque, devant une foule de clients, installés autour des tables dans le restaurant « Chez Alice » sis à Marcory à Abidjan, Mme Pauline Epélékou, directrice d’Inades-Formation Côte d’Ivoire a pris la parole.

Elle annonçait aux personnes présentes, venues déjeuner, que deux nouveaux plats s’ajoutaient au menu du jour : le couscous de fonio accompagné de Yassa au poulet et le fonio au gras.

Il s’agissait en réalité d’une séance de dégustation gratuite du fonio, organisée par Inades-Formation Côte d’Ivoire pour faire connaitre cette céréale africaine ancestrale.

                                                                   Grains de fonio

Pour la petite histoire, le fonio est cultivé depuis longtemps par les peuples du Nord de la Côte d’Ivoire, où les conditions écologiques sont favorables à sa croissance et son développement. Depuis des siècles, la consommation de cette céréale fait partie intégrante des mœurs alimentaires  de ces populations qui en maîtrisent les techniques de production et de cuisson. Le fonio est également consommé dans d’autres pays d’Afrique dont les pays limitrophes du nord de la Côte d’Ivoire.

Du fait de la pénibilité liée à sa transformation, la consommation du fonio est méconnue d’une frange importante de la population ivoirienne, notamment les urbains qui se sont habituées à la consommation d’autres céréales telles que le riz, le maïs et le mil.

Pourtant le fonio est une céréale aux multiples vertus, riche en sels minéraux et en acides aminés. Résistante aux aléas climatiques, elle peut aisément se substituer au riz et ainsi en limiter les importations massives. Le fonio est classé par Inades-Formation parmi les vivres de souveraineté et fait partie des vivres dont il fait la promotion à travers son projet de valorisation des vivres de souveraineté.

                        Des dégustatrices devant leur plat de fonio au yassa

Donner l’occasion aux populations de connaitre le fonio

L’objectif de la séance de dégustation était d’offrir l’occasion à la population de découvrir ou redécouvrir les saveurs du fonio et les amener à l’inscrire dans leur menu.

Par ailleurs, le fait que la dégustation se soit déroulée dans un restaurant n’était pas fortuit. Ce choix visait à intéresser les tenanciers de restaurant pour qu’envoyant l’intérêt que pourraient porter les clients aux plats de fonio, puisse envisager de l’inscrire sur leur carte de menu.

Outre les clients du restaurant, qui ont accepté de déguster les plats, d’autres personnes, issues des institutions étatiques en lien avec l’agriculture et l’alimentation ainsi que des partenaires locaux, invitées par Inades-Formation, ont pris part à la dégustation.

Le fonio, digeste et succulent de l’avis des convives

Les convives portaient les premières cuillères de plat de fonio à leurs lèvres, avec de légers gestes d’hésitations pour certains et assurance pour d’autres.

Après cette première bouchée, les visages s’éclairent aussitôt la plupart du temps, agréablement surpris du bon goût du fonio. L’appréciation ne se faisait pas attendre.

Dans leur grande majorité, les dégustateurs ont jugé le plat de fonio succulent et digeste.

Ils se sont disent prêts à consommer le fonio régulièrement s’il est disponible et accessible sur le marché.

Atelier régional de partage d’expériences sur les produits dérivés et mets à base de vivres de souveraineté et adoption des stratégies de leur consommation

Inades-Formation organise, du 23 au 27 avril 2018, un atelier de partage d’expériences sur les produits dérivés et mets à base de vivres de souveraineté et d’adoption des stratégies de leur consommation.

Cet atelier réunira les représentants /chargés de projet des huit pays intervenant dans le programme de valorisation des vivres de souveraineté et le secrétariat général.

L’objectif de l’atelier est de permettre aux différents acteurs (BN, les producteurs, les commerçants, les restaurateurs/trices et les consommateurs) de disposer des informations d’aide à la consommation plus accrues des mets à base des vivres de souveraineté.

Les résultats attendus de l’atelier sont ainsi :

  • Les participants se réapproprient collectivement les enjeux de la promotion de la consommation de mets à base de vivres de souveraineté ;
  • Les participants échangent sur les opportunités et les défis de promotion des produits dérivés et mets à base de vivres de souveraineté ;
  • Les produits dérivés et mets à base de vivres de souveraineté sont identifiés et les informations y relatives à la composition, techniques de préparation, leur mode d’utilisation et conservation sont documentées ;
  • Une stratégie de promotion des produits dérivés et mets à base de vivres de souveraineté est élaborée. Des réponses seront apportées aux questions suivantes : Comment préparer les mets sans nuire à la santé des consommateurs ? Comment présenter les produits dérivés et mets pour les rendre plus attractifs et accessibles aux consommateurs ? Et quelle organisation et quels outils pour que les produits dérivés et mets à base de vivres de souveraineté soient plus vendus tant dans les villes que dans les campagnes ?

 

Au cours de l’atelier les participants présenteront les produits dérivés de vivres de souveraineté et mets préalablement identifiés et leur recette en les accompagnant d’images d’illustration.

Rappelons que l’atelier se déroule dans le cadre du projet de valorisation de vivres de souveraineté débuté en 2017 dans 08 des 10 pays du réseau Inades-Formation.

Les « vivres de souveraineté » sont, du point de vue conceptuel[1], des cultures vivrières et produits d’élevage et/ou produits de la cueillette traditionnellement dominantes dans l’alimentation des populations locales des pays africains au Sud du Sahara mais qui de nos jours, sont en perte de vitesse au niveau de la production et de moins en moins importante, dans le panier alimentaire des ménages pour diverses raisons.

Or, ces cultures, véritables vivres de souveraineté, ont des grandes vertus – valeurs nutritives mondialement reconnues, valeurs thérapeutiques, valeurs culturelles / traditionnelles (utilisées spécialement pour des rites traditionnels ou cérémonies traditionnelles, comme les mariages, baptêmes, funérailles, etc.). C’est enfin des cultures vivrières de résilience (sols pauvres, changement climatique, etc.), les exploitants agricoles familiaux, surtout les femmes, sont les dépositaires d’un vaste savoir et savoir-faire accumulé autour de ces produits en matière des pratiques culturales enrichies transmises de génération en génération, de recettes pour cuisiner les « mets du terroir » et de la préservation de l’agro-biodiversité.

 

En 2017, l’accent a été mis sur les aspects relatifs aux bonnes pratiques de production.

L’année 2018 est consacrée à la mise en application desdites bonnes pratiques et de l’intégration de la démarche qualité dans les processus de production, de transformation, de transport et de commercialisation des vivres de souveraineté.  Promouvoir la consommation des vivres de souveraineté et leur positionnement sur le marché constitue un autre pilier d’action afin de contrer la tendance à l’uniformisation des systèmes alimentaires et répondre  au besoin de maintenir les habitudes alimentaires territorialisées et respectueuses de l’identité culturelle des peuples.

[1] Concept Inades-Formation avec des dimensions économiques, sociales, environnementales et politiques.