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La Plateforme d’action nationale pour l’agriculture familiale en Côte d’Ivoire a tenu sa première rencontre de l’année et procédé au lancement du projet FOCAD les 14 et 15 mars derniers à Abidjan aux « Résidences M’Maya sises à Cocody.

Organisée par Inades-Formation en tant que secrétariat technique de la PANAFCI, cette rencontre avait pour objectif de remobiliser toutes les énergies autour de la mission de la PANAFCI afin de relancer les activités de la plateforme en vue de la décennie de l’agriculture familiale 2019-2028. Plus d’une vingtaine de participants composés des membres du Comité de pilotage national de la PANAFCI, les responsables des comités régionaux et les commissaires aux comptes ont pris part à cette rencontre.

Pour rappel, la PANAFCI est née en janvier 2013 dans le cadre de la célébration de l’Année internationale de l’Agriculture Familiale  en 2014 (AIAF 2014), une année proclamée en 2011 par la résolution n°66/222 du 22 décembre 2011 de l’ONU, suite à une grande campagne des organisations paysannes et organisations de la société civile à travers le monde. La PANAFCI s’est donnée pour mission d’œuvrer à la promotion soutenue des politiques publiques en faveur de l’agriculture familiale en Côte d’Ivoire. Elle s’est ainsi investie à travers plusieurs activités dont la mise en place de sept (7) comités régionaux considérés comme les relais du comité de pilotage, la réalisation d’études et la rédaction de notes politiques à l’endroit des décideurs.

La redynamisation de la PANAFCI a commencé avec l’Assemblée générale élective en 2016  qui a permis entre autres de renouveler les organes de la PANAFCI et de valider sa charte de fonctionnement puis la relance des comités régionaux en 2017 pour répondre aux enjeux de la décennie de l’agriculture familiale 2019-2028.

La Présidente du comité de pilotage, au centre en jaune, après son discours d’ouverture

Pour soutenir cette redynamisation, la plateforme a obtenu un financement du « Fond de coopération et d’aide au Développement du gouvernement Basque » à travers un projet du même nom, en abrégé FOCAD.

Au cours de cette rencontre, les stratégies de mobilisation des organisations à la base ont été définies par les participants pour renforcer le positionnement de la plateforme ; un bilan-diagnostic des avancées de la PANAFCI a été fait afin d’en tirer les leçons pour une réorientation de ses actions en termes d’influence des politiques.

Cette première réunion du comité de pilotage au titre de l’année 2018, couplée au lancement du projet FOCAD a atteint ses objectifs pour avoir effectivement réussi à remobiliser les énergies autour de la cause de l’Agriculture Familiale. En effet, les participants sont repartis satisfaits et décidés à œuvrer autant que possible à défendre le droit à l’alimentation pour toutes et tous pour une vie digne.

Les principales actions seront dans un premier temps d’étendre la mobilisation à l’ensemble du pays à travers la mise en place de nouveaux comités régionaux, le renforcement de capacité des organisations membres de la PANAFCI en technique de plaidoyer, la réalisation d’études de base et des rencontres avec les décideurs pour aboutir à des changements notables en faveur de l’agriculture familiale.

Vue de la salle de réunion

Le Comité National de promotion de l’Agriculture Familiale au Burkina Faso (CNAF Burkina) créé en 2015 est une organisation née du Comité National pour la Célébration de l’Année Internationale de l’Agriculture Familiale (AIAF 2014) au Burkina Faso. Il est composé de 50 organisations membres ou sympathisantes dont des organisations paysannes, des associations de développement et des ONG. Cette structure est engagée depuis 2017 dans la mise en œuvre du « projet d’amélioration des conditions d’exercice de l’agriculture familiale au Burkina Faso« . Le projet  bénéficie du financement du Forum Rural Mondial et est prévu pour prendre fin en Octobre 2018.

 

Dans une exploitation familiale au Burkina Faso

Les statuts de l’exploitant et de l’exploitation agricole familiale sont reconnus par la Loi d’Orientation agro-sylvo-pastorale halieutique et faunique (LOASPHF) votée au Burkina en 2015. Cette loi est censée permettre d’assurer le respect des droits humains et l’équité sociale dans le secteur agricole. Malheureusement, elle n’a pas été suivie de texte d‘application.

Par ailleurs, en 2015, le gouvernement a entamé l’élaboration de la deuxième phase du programme national du secteur rural (PNSR II). Cela constitue une opportunité pour les paysans pour obtenir la prise en compte de leurs préoccupations.

Le projet, présentement mis en œuvre par le CNAF Burkina, vise de ce fait, à contribuer à la promotion de l’agriculture familiale à travers la mise en œuvre de la Loi d’Orientation agro-sylvo-pastorale halieutique et faunique au Burkina Faso et aussi à la mise en œuvre de la seconde phase du Programme National du Secteur Rural.

De façon concrète, le CNAF est appelé dans le cadre dudit projet à contribuer à l’adoption d’un décret d’application relatif au statut juridique de l’exploitation et de l’exploitant agricole tel que défini par la LOASPHF. Il devra aussi défendre les intérêts des exploitants agricoles familiaux lors de l’élaboration et la mise œuvre de la 2ème phase du programme national du secteur rural. Il est attendu aussi du CNAF la capitalisation de la participation des organisations paysannes et des organisations de la société civile à l’élaboration des politiques agricoles.

Pour que les attentes et préoccupations des exploitants agricoles familiaux soient réellement prises en compte dans la phase II du PNSR, le CNAF Burkina a initié plusieurs activités lors de la formulation de ce Programme. Il s’agit notamment de :

  • la transmission au gouvernement d’un mémorandum des organisations professionnelles agricoles sous forme de note contributive à l’élaboration du PNSR II;
  • la tenue des ateliers régionaux de préparation des Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) dans le cadre de la formulation des PNSR régionaux;
  • la tenue d’un atelier de restitution des conclusions de l’atelier régional de renforcement de la dynamique d’implication des OPA au processus de formulation des Programmes Nationaux d’Investissement Agricole pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PNIASAN);
  • la tenue d’un atelier national d’examen du document provisoire du PNSR II;
  • l’appui des OPA et OSC à la participation aux consultations régionales et à l’atelier national de validation du PNSRII.

Les activités conduites dans le cadre de l’adoption d’un décret d’application relatif au statut juridique de l’exploitation et de l’exploitant agricole ont porté sur la revue des textes d’application de la LOASPHF qui a permis le toilettage de 7 décrets d’application.

En perspective,  le CNAF, prévoit de former les leaders d’OPA sur le suivi des politiques publiques en occurrence le PNSRII. A cet effet, le document du PNSRII sera simplifié, multiplié et diffusé auprès des acteurs à la base pour une meilleure connaissance du contenu et la facilitation du suivi. Les expériences du CNAF en matière d’influence des politiques agricoles seront capitalisées et diffusées.

Une rencontre d’échange entre le bureau de coordination du CNAF – Burkina Faso et lune délégation du Forum Rural Mondial

Le CNAF se prépare également pour l’organisation d’un atelier d’élaboration de messages clés de plaidoyer à l’endroit des décideurs. Des audiences sont prévues avec les autorités ministérielles en charge du secteur rural pour l’introduction du décret d’application de la LOASPHF en conseil des ministres. Il y aura aussi des démarches au niveau de l’Assemblée Nationale pour l’adoption des décrets d’application de ladite loi.

Des réflexions seront engagées sur le statut de l’exploitation  et de l’exploitant agricole. Un atelier national de réflexion sera organisé à cet effet et un document de positionnement du CNAF sera produit.  Pour permettre à un large public d’être mieux éclairé sur la question du statut de l’exploitation et de l’exploitant agricole, des débats télévisés seront également organisés.

Lolobo, est une Sous-Préfecture du Département d’Attiégouakro située à environ 20 km de Yamoussoukro, au centre de la Côte d’Ivoire. La fête des ignames est traditionnellement célébrée par les populations de cette localité. C’est une cérémonie sacrée organisée pour lancer la récolte et la consommation des nouvelles productions d’ignames.

Pour cette année 2017, la fête des ignames a été célébrée le 28 octobre 2017, avec l’appui d’Inades-Formation.

Dans le cadre de la promotion des systèmes alimentaire basés sur l’agriculture familiale, le comité régional PANAFCI (Plateforme d’Action Nationale pour l’Agriculture Familiale en Côte d’Ivoire), dans la région du Belier et le district de Yamoussoukro, a saisi l’opportunité de cette fête pour promouvoir, en collaboration avec les populations locales, les produits locaux ainsi que les savoirs et savoir-faire locaux.

Au cours de cette cérémonie, les agricultrices et agriculteurs ont présenté diverses variétés d’ignames traditionnelles, particulièrement celles en voie de disparition  tels le Lopka le gbôlè, le Cohontè, l’Olouo, etc. D’autres produits et savoir-faire locaux de la région ont également été présenté notamment du poisson, de la pistache, des poteries, du tissage de pagne traditionnel, etc

Igname Olouo

Igname Lokpa-Gbole

Cette célébration de la fête des ignames à Lolobo a été parrainée par M. Ahoussou Kouadio Jeannot, ex Premier Ministre, Ministre d’Etat chargé du Dialogue politique et des relations avec les institutions de la République de Côte d’Ivoire, représenté pour la circonstance par son Directeur de cabinet. Le parrain a vivement encouragé et a apporté son soutien au comité régional PANAFCI, aux jeunes et aux femmes pour la préservation de leur patrimoine alimentaire.

Les Officiels à la cérémonie

Plusieurs autres autorités administratives, politiques et coutumières de la région étaient aussi présentes, à savoir :

  • Le député du département d’Attiégouakro ;
  • Le représentant du Directeur régional de l’agriculture ;
  • Le chef de zone de l’ANADER ;
  • Le président de la mutuelle de développement du village ;
  • Le chef du village de Lolobo ;
  • Les chefs des villages voisins

Ces derniers ont salué cette initiative de la PANAFCI pour donner plus de visibilité aux savoirs et savoir-faire des agricultrices et agriculteurs familiaux de Lolobo.

Plusieurs présidents d’autres comités régionaux PANAFCI (la Mé, le Gbêkê, la Marahoué) étaient également présents pour apporter un soutien à l’organisation de la fête mais aussi pour s’inspirer pour des actions semblables dans leurs zones.

Mme AGBASSI Adrie

Défilé des femmes

nne de la CNAVICI, présidente nationale de la PANAFCI, Inades-Formation et la Chambre d’Agriculture représentaient le comité de pilotage de la PANAFCI.

La célébration a eu un impact positif sur les populations mais aussi au niveau des autorités administratives et coutumières.

Les autorités présentes se sont engagées à soutenir encore plus la prochaine édition de la fête des ignames de Lolobo et d’autres évènements de promotion de l’agriculture familiale dans la région.

Les différentes organisations de producteurs, pêcheurs, groupements de jeunes et de femmes ont manifesté la volonté de promouvoir l’agriculture familiale au sein de la PANAFCI.

Exposition des variétés d’igname