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Inades-Formation Burkina a organisé le 16 et 17 mai 2019 une activité de promotion des produits et mets à base de « vivres de souveraineté » dans des établissements scolaires de la région de la Boucle du Mouhoun au Burkina Faso. Objectif : amener les élèves à connaitre les produits dérivés des vivres de souveraineté et à consommer  les mets qui en sont issus. A Dédougou et à Nouna où cette activité a eu lieu, c’est avec enthousiasme et curiosité que les élèves y ont pris part. Environ 200 élèves ont été touchés.

L’activité de promotion des produits et mets à base de « vivres de souveraineté » a concerné les élèves du Lycée Provincial et du Lycée St Gabriel de Dédougou ainsi que ceux du Collège Charles Lwanga de Nouna. L’intervention d’Inades-Formation Burkina dans ces établissements scolaires a été marquée par une conférence sur le sujet et une séance de dégustation de mets locaux. Le temps de la conférence a été marqué par une phase de présentation sur la notion de vivres de souveraineté, les enjeux, les produits, les mets liés à ces vivres. A la phase de dégustation, les élèves ont été amenés à consommer divers mets préparés par des transformatrices accompagnées par Inades-Formation Burkina dans les deux localités.

A propos de cette activité, Djamilatou OUATTARA, élève en classe de 1ère D au Lycée Charle Lwanga de Nouna affirme : « J’apprécie beaucoup cette initiative. Cela m’a permis de savoir que les produits locaux peuvent  servir à préparer beaucoup de mets et c’est vraiment fantastique »

Pour le réseau Inades-Formation, les « vivres de souveraineté » sont des produits alimentaires d’origine végétale et animale, historiquement ancrés dans les habitudes alimentaires des populations d’une région donnée, dans les échanges commerciaux, dans les pratiques culturelles. Ils sont reconnus pour leur résistance aux changements climatiques, leur qualité nutritionnelle, leur faible dépendance vis-à-vis des intrants de synthèse et leur rôle important dans la dynamisation de l’économie locale. Il s’agit par exemple du mil, du sorgho, du niébé (haricot), du fonio, du poulet local.

Dans les établissements scolaires de Dédougou et Nouna où ils sont passés, les intervenants d’Inades-Formation Burkina ont parlé aux élèves de mets tels que : le jus de petit mil, les boulettes de petit mil, le couscous de mil, le dêguê de fonio, le jus de fonio, les boules de fonio aux feuilles de haricot, les biscuits de niébé (haricot), etc. Ils ont également eu l’occasion de consommer ces mets à la séance de dégustation. « J’ai fait beaucoup de découverte concernant les mets locaux à cette activité organisée par Inades-Formation Burkina. Désormais je connais la valeur des mets locaux et je vais les préférer aux produits importés. En plus, je vais en parler autour de moi pour amener ma famille et mes amis à plus préparer et consommer les mets locaux » nous confie Nikiéma Yasmine, élève en classe de 5ème au Lycée Provincial de Dédougou. 

L’activité organisée par Inades-Formation Burkina auprès des élèves s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de valorisation des « vivres de souveraineté » pour une alimentation suffisante, saine, durable des populations du Burkina Faso. Ce projet financé par l’ONG allemande MISEREOR est exécuté par Inades-Formation Burkina dans la région de la Boucle du Mouhoun. Il est également mis en œuvre dans 7 autres pays du réseau Inades-Formation. A savoir : le Burundi, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la République Démocratique du Congo, le Rwanda, le Tchad et le Togo

Inades-Formation Togo dans son engagement à promouvoir les vivres de souveraineté a pris part du 11 au 13 avril dernier, au Forum National du Paysan Togolais (FNPT). Un rendez-vous d’opportunités commerciales qui a permis à ses partenaires agricoles (acteurs du projet vivres de souveraineté) d’exposer leurs produits, d’enrichir leur cahier d’adresse et de nouer de nouveaux partenariats.

Du fonio bien emballé et étiqueté, de la farine de fonio emballée, du haricot commun, des semences du fonio et du haricot, des brochures de mets, des livrets d’Inades-Formation sur l’agriculture, l’élevage, la gestion d’entreprise : voilà quelques articles à ce forum national sur le stand d’Inades-Formation Togo. Pour cette 11ème édition, les réflexions ont tourné autour du thème : « les pôles de transformation agricole pour valoriser les potentialités au Togo : une nouvelle vision traduite par le PND ». L’occasion pour les acteurs du projet vivres de souveraineté de mettre en lumière les produits de leur récolte.

Visiblement, les visiteurs ont été ébahis et satisfaits de la beauté du produit : « sans nul doute, la qualité y est. C’est ma première fois de voir le fonio si joliment emballé. Ça aiguise déjà les papilles » a lancé un des visiteurs Aklesso. Même l’élu du peuple, l’honorable Abass KABOUA a fait le déplacement au stand d’Inades-Formation Togo. Il a félicité les organisations privées pour leur contribution au développement et leur engagement dans la promotion des produits locaux. Il a apprécié le packaging du fonio ‘‘Ovali’’et a promis de le promouvoir autant que possible.

Diverses thématiques ont fait l’objet de débat et de conférences publiques à ce rendez-vous du donner et du recevoir. Des panels de plusieurs filières ont été animés ; dont celui sur la filière fonio auquel la délégation d’Inades-Formation Togo composée de semenciers, de producteurs et de transformatrices a fortement contribué pour l’amélioration de cette filière.

Panel sur la filière fonio

Ce forum a permis à Inades-Formation Togo de capitaliser certains acquis : une plateforme whatsapp a été créée. Elle réunit les acteurs nationaux du secteur. La délégation a entamé des négociations avec d’autres opérateurs en vue du développement d’un possible lien d’affaires. Les partenaires agricoles ont également échangé avec les délégués du MIFA (mécanisme incitatif de financement agricole) sur les modalités de collaboration.

Le Forum vise à renforcer la dynamique de développement  des pôles de transformation agricole à travers l’organisation, la structuration et le financement des chaînes de valeurs agricoles afin de contribuer efficacement à l’atteinte des objectifs du Programme National  de Développement (PND). Plus de six cent (600) acteurs du monde agricole venus du Togo et d’ailleurs ont pris part à cette rencontre.

Les travaux ont été ouverts par le Ministre en charge de l’agriculture Noël Koutéra BATAKA. Dans son allocution, il a rappelé les actions du gouvernement destinées à rendre l’agriculture togolaise compétitive, résiliente, et génératrice de revenus, telles que déclinées dans le Plan National de Développement (PND 2018-2022). Il a aussi félicité et encouragé les organisations non gouvernementales et les structures privées, pour l’accompagnement des communautés à la base pour un monde rural développé, prospère et influent.

L’Honorable Abass KABOUA invitant les visiteurs à la consommation locale

Autrefois, les consommateurs nantis aimaient passer des commandes de « poulets DG » ou de « poulets braisés » pour la réception de leurs invités de marque. Aujourd’hui, grâce aux actions de sensibilisation menées par les « promoteurs des vivres de souveraineté » d’Inades-Formation, le « poulet au tchoukouri » encore appelé « poulet tchoukourisé » gagne de plus en plus du terrain.

En effet, Inades-Formation fait la promotion de la consommation des mets locaux, tant en ville que dans les campagnes, afin d’accompagner la production à une échelle plus grande de nos vivres et soutenir la souveraineté alimentaire en Afrique.

A Maroua dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun où est implantée l’une des deux Antennes d’Inades-Formation Cameroun, les « promoteurs des vivres de souveraineté » d’Inades-Formation ont mené des actions d’information et de sensibilisation en direction des producteurs, transformateurs, consommateurs et des partenaires au développement.  Et la sensibilisation porte des fruits !

Le « tchoukouri » était utilisé autrefois par nos mamans du village pour préparer leurs soupes, du fait de leur accès difficile au sel de cuisine. Aujourd’hui, cet ingrédient est recherché par les tenancières des gargotes qui ont pour activités parallèles, la vente du bouillon de viande et du poulet au « tchoukouri ».

Quelles sont les raisons de cette nouvelle tendance ? Selon les consommateurs, les justifications sont nombreuses. Certains disent que le « tchoukouri », sel traditionnel extrait des tiges de mil brûlées, est naturel et plein de vertus : lutte contre les vers intestinaux et fait baisser le taux d’alcool, donc indiqué pour les personnes qui souhaitent prolonger les soirées avec leurs invités et amis ; d’autres estiment que non seulement le « tchoukouri » permet d’avoir un poulet bien cuit, donc facile à digérer, mais il remplace valablement le sel de cuisine et surtout le cube maggi dont les méfaits sont aujourd’hui décriés.

Dans la ville de Maroua, pour les visiteurs non avertis, il suffit de se rendre dans une gargote en matinée ou en fin d’après-midi pour apprécier le spectacle. Nous, équipe de l’Antenne d’Inades-Formation Cameroun de Maroua, avons fait un tour dans le « circuit[1] » dit « CHEZ MADO » au quartier Hardé, et la tenancière nous a fait savoir que la demande de poulet au « tchoukouri » est tellement forte qu’elle se voit dans l’obligation de recruter une deuxième employée dans les prochains jours. Nous avons poussé la curiosité plus loin en passant nous-mêmes notre commande et, deux heures après, nous avons été servis. Pendant la dégustation, nous avons compris que la forte demande est justifiée, car ce met se passe de tout commentaire.

En définitive, l’on peut dire que le changement dans les habitudes alimentaires est en bonne voie. Les mets locaux retrouvent progressivement la confiance des consommateurs et leur place dans les assiettes en milieu urbain . Toutefois, le travail de sensibilisation et d’information reste encore de taille pour parvenir à une forte adhésion des populations urbaines à ce souci de souveraineté alimentaire qui est cher à Inades-Formation.


[1] Circuit est l’équivalent de maquis en Afrique de l’Ouest, restaurant de proximité