Mobilisé pour la promotion et l’accompagnement des transitions agroécologiques en Afrique de l’Ouest, le consortium AVSF-IRAM-INADES International  recherche :

Un(e) Assistant(e) techniques Suivi-évaluation pour l’unité de coordination du PAE (Programme Agroécologie de la CEDEAO)

  1. Contexte

Depuis début 2018, le consortium AVSF-IRAM-INADES International, apporte une assistance technique à l’Agence Régionale pour l’Agriculture et l’Alimentation de la CEDEAO, pour la mise en œuvre du Programme d’appui à la transition agroécologique en Afrique de l’Ouest (PATAE). Ce programme a démarré grâce à un premier financement de l’Agence Française de développement pour une durée de 4 ans. L’objectif est d’accompagner l’intensification agroécologique dans la sous-région afin de favoriser l’émergence, l’adoption et la diffusion de pratiques écologiquement intensives et durables dans les exploitations familiales. Le programme vise :

  • d’une part, à soutenir des projets de terrain favorisant les transitions agroécologiques au niveau local (un appel à propositions lancé en 2018 a débouché sur la sélection de 15 projets en cours de démarrage, répartis entre le Burkina, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal, et le Togo)
  • d’autre part, l’animation d’échanges et de capitalisations alimentant des politiques publiques favorables aux transitions agroécologiques dans la région

Pour ce faire, une Unité de Coordination du Projet (UCP), a été mise en place au sein de l’ARAA à Lomé. Elle était composée initialement d’un coordinateur, d’un responsable administratif et financier et d’une secrétaire.

La CEDEAO a obtenu en 2019 un financement additionnel de l’Union Européenne pour une durée de 5 ans, afin de compléter et étendre ce programme dans les 15 pays de la CEDEAO. Le PAIAD (projet d’appui à la diffusion et à la mise en œuvre de bonnes pratiques d’intensification agricoles durables) vise le soutien à la formation agricole et aux dispositifs d’appui-conseil et de vulgarisation des innovations technologiques pour l’intensification agricole durable adaptées aux modes de production des petits producteurs dans les filières cibles. L’UCP a ainsi été renforcée par d’autres experts notamment une assistante technique à la coordination, un chargé de formation et d’appui conseil, un comptable. Le PATAE et le PAIAD forment désormais le Programme Agroécologie (PAE) de la CEDEAO.

Afin d’étoffer l’Unité de Coordination du PAE pour assurer les activités complémentaires et l’extension du programme, le consortium AVSF-IRAM-INADES International recherche : un(e) Chargé(e) de Suivi-évaluation du programme

 

  1. Missions principales, profil et compétences requises
Localisation Missions principales Profil et compétences requises
  • Abuja – Nigéria, au sein de la Direction de l’Agriculture et du Développement rural de la CEDEAO
  • Déplacements professionnels fréquents à prévoir dans l’ensemble des pays membres de la CEDEAO

·        Suivre,-évaluer et valoriser le programme au profit des politiques et projets de la CEDEAO, en lien avec le reste de l’équipe de l’UCP à Lomé et les correspondants nationaux dans les pays.

·        Mettre en place un dispositif de suivi-évaluation et capitalisation intégrant des outils de suivi et de collecte de données du Programme et des projets de terrain (projets agroécologie, centres de formation en agroécologie, partenariats OPA- recherche-centre de formation)

·         Ajuster les modes de production des références dans les projets de terrain et suivi de l’élaboration des capitalisations par les projets

·        Accompagner, en lien avec les correspondants nationaux, la réalisation de capitalisations transversales sur le programme et les pratiques innovantes en matière d’agroécologie

·        Suivre l’élaboration et les résultats des cadres de concertation nationaux

·        Appuyer les activités et l’animation de l’Alliance pour l’Agroécologie en Afrique de l’Ouest (3AO), à partir des thématiques nationales les plus propices à une concertation et intégration régionale

·        Développer des liens entre les expériences de terrains, les cadres de concertation et l’élaboration de politiques publiques régionales favorables à la transition agroécologique.

·        Suivre des différentes initiatives en matière d’agroécologie et d’adaptation au changement climatique au niveau de la DADR à Abuja (Alliance Ouest-Africaine pour l’Agriculture Intelligente face au Climat, West Africa Ecological Organic Agriculture (EOA) Cluster, projet AMCC+AO, Programme Agroécologie FAO, Grande Muraille Verte, Projet AIC/BOAD, Programme de restauration des terres dégradées, WAICSA, etc.)

Ingénieur ou équivalent (Bac + 5 au moins) (Agronomie, Agroéconomie, environnement, socio-économie, développement international et gestion de projet) avec expériences (10 ans) en suivi-évaluation et agriculture durable

Une expérience de suivi-évaluation et capitalisation dans des programmes et dispositifs régionaux multi-acteurs serait un plus.

Une bonne maitrise du français et de l’anglais, lu, écrit et parlé, est indispensable.

Bonne connaissance des outils informatiques (au moins logiciels MS Office Word, Excel, Powerpoint)

Une expérience professionnelle d’au moins 5 ans dans le domaine du développement rural et de programmes liés directement ou indirectement à la mise en œuvre de pratiques agroécologiques en milieu rural et paysan est requise.

La possession d’un diplôme de niveau supérieur à ce qui est prévu, réduit le nombre d’années d’expérience requis de 3ans.

  1. Conditions du contrat de travail
  • Durée du projet : 2018-2024
  • Durée du contrat 1 an – renouvelable jusqu’à la fin du projet
  • Début du contrat : 1er avril 2022
  • Statut : consultant

Les candidat(e)s intéressé(e)s adresseront leur candidature, lettre de motivation et CV (maximum 5 pages, police de caractère 11 minimum) en français ou en Anglais avant le 6 février 2022

E-mail : recrut@avsf.org

Avec la référence « AT Suivi-évaluation PAE ».

A travers la mise en œuvre du projet « Adaptation au Changement Climatique pour la gestion des ressources en Eau et Sol » (ACCES+) sous le financement de la coopération allemande via l’entreprise GIZ, Inades-Formation Burundi a significativement accompagné les Champs Ecoles des Producteurs (CEP) entre 2015 et 2021 en deux phases.  La population rurale bénéficiaire a implémenté des techniques et des pratiques de gestion durable de l’eau et des sols en vue d’accéder à la sécurité alimentaire, de prévenir les catastrophes et de renforcer la résilience climatique.

Le projet a contribué à l’amélioration des capacités des productrices et producteurs agricoles à réaliser des mesures sensibles au changement climatique. La zone d’action touchée par les interventions dudit projet était constituée par 13 collines suivantes : Murambi et Rubanda de la commune Mutambu, Musenyi et Kinama de la commune Nyabiraba, Mageyo et Muhororo de la commune Mubimbi, Kwigere et Nyakibande de la commune Isare en Province Bujumbura ; les collines Burangwa et Kagona de la commune Bugarama en Province Rumonge et Nyambo, Kidasha et Bihangare de la commune Marangara en Province Ngozi.

Pour soutenir les initiatives des producteurs impliqués, le projet a rendu disponible des semences à cycle court et adaptées aux variabilités climatiques distribués aux producteurs membres des CEP. Les semences adéquates choisies en commun accord avec les bénéficiaires par rapport à leur résilience selon la zone d’action étaient composées notamment par les ignames, le maïs, le haricot volubile, le soja, la patate douce à chaire orange, etc. Celles préférées à cycle court sont en l’occurrence les amarantes, les choux, les oignons rouge et blanc, les carottes, les poivrons, les céleris, etc. Ces cultures ont été mises en place soit dans les champs de démonstration des CEP soit dans leurs champs collectifs et dans les jardins de cuisine de membres de CEP.

Champs de haricot volubile à Marangara

Champs des oignons irrigués en saison sèche à Mutambu

 D’une pierre deux coup, le projet a facilité des observations de la plante/la culture dans son système écologique pour s’enquérir de ses problèmes, chercher à comprendre et à apprendre sur les causes des problèmes et les interactions entre les différents éléments du système afin de prendre et exécuter des décisions appropriées (Analyse de l’Agro-EcoSystem : AAES).  Cette approche a permis aux membres de CEP de s’organiser pour mettre en place des champs collectifs composés essentiellement par des semences à cycle court.

Bien plus, le projet avait formé les membres de CEP sur les différentes techniques de production de la fumure organique en utilisant des compostières en fosses, les compostières en surface avec ou sans activateurs, l’utilisation de l’or jaune en provenance d’AKASUGA (toilettes écologiques) et l’utilisation des biofertilisants (feuilles de Tithonia, Calliandra, Leucaena). En utilisant toutes ces technique, les membres des CEP ont augmenté très considérablement leurs productions. Une partie de leurs récoltés a été consommée dans les ménages et le surplus a été vendu afin de se procurer d’autres besoins spécifiques.  Même si le projet consistait à l’adaptation au changement climatique, il a permis de développer d’autres activités d’autopromotion des ménages. Durant les trois dernières années de la période du projet (2019-2021) les ménages accompagnés ont pu s’acheter du gros bétail (vache), le petit bétail (moutons, porcelets, chèvres), les volailles et ont fait l’extension de leurs propriétés à travers la location des terrains. Ils ont aussi formé des petits groupes d’épargne et de crédit communautaire qui leur ont permis de s’acheter 548 foyers améliorés.

Porcelets achetés dans le cadre des activités d’autopromotion à Marangara

Vache achetés dans le cadre des activités d’autopromotion à Isare

Inades-Formation Burundi se réjouit des résultats atteints et surtout cette capacité d’introduire des mécanismes de résilience communautaires et variés.

Du 25 au 26 novembre 2021 se sont tenues à Abidjan des assises nationales sur le foncier rural. Ces assises organisées par Inades-Formation et ses partenaires avaient pour objectif d’engager le débat autour de l’exploitation minière et le domaine foncier rural.

Dans les pays agricoles comme la Côte d’Ivoire, la Terre constitue une richesse aussi bien pour l’État que pour les personnes privées. Elle est très convoitée et fait l’objet de compétition pour son acquisition ou son contrôle.

La Côte d’Ivoire a de ce fait connu et continu de vivre des conflits fonciers qui ont bien souvent dégénéré en conflits communautaires.

Pour sécuriser les droits fonciers et les transactions se réalisant dans le domaine foncier rural, l’Etat Ivoirien s’est doté de la loi n°98-750 du 23 décembre 1998 relative au Domaine foncier rural. Pourtant malgré cette loi et les efforts du gouvernement et des organisations de développement, la question de la sécurisation foncière est loin d’être résolue et peine même à avancer.

Par ailleurs, le pays est entré ces dernières années dans d’intenses activités minières dans différentes parties du pays, qui en plus des sollicitations agricoles renforce la pression sur le foncier. L’exploitation minière entraine des bouleversements environnementaux et sociétaux sans commune mesure avec l’agriculture qu’elle tend pourtant à concurrencer.

C’est donc pour lever le voile sur cette réalité alarmante qu’Inades-Formation et ses partenaires ALERTE-Foncier, agence foncière rurale (AFOR), le laboratoire juridique de l’université Alassane Ouattara de Bouaké ont organisé les assises nationales sur le foncier rural, du 25 au 26 novembre 2021.

Avec pour thème « Le domaine foncier rural et l’exploitation minière », ces assises devaient permettre d’engager un débat citoyen sur les problématiques et les dynamiques foncières rurales en lien avec l’exploitation minière, dans toute leur diversité.

Elle se sont inscrites dans une perspective pluridisciplinaire, notamment juridique, sociologique, économique, géographique, historique, anthropologique, etc. et une démarche à la fois théorique et empirique.

De nombreux acteurs des secteurs agricoles, miniers et organisations de la société civile ont pris part à ces assisses qui se sont tenues à l’espace Latrille Events à Abidjan Cocody.

Dès la cérémonie d’ouverture, le décor est planté.

M. Sena ADESSOU, Secrétaire Général d’Inades-Formation et président du groupe de coordination stratégique de la plateforme ALERTE-Foncier, a situé les enjeux de ces assises et précisé que les conclusions des assises seront présentées, sous forme de recommandations, aux décideurs pour une gouvernance optimisée des zones du domaine foncier rural abritant ou propice à des activités minières.

Pour sa part M. Mathias Koffi, Directeur des opérations de l’AFOR, représentant le Directeur Général de l’AFOR, avant d’ouvrir les assises, a présenté la mission de son agence, notamment accélérer tous les processus de sécurisation foncière rurale engagés par l’état de Côte d’Ivoire. Dans son intervention il s’est interrogé sur l’efficacité des dispositions prises dans le code minier ou dans le code forestier pour tenir compte de l’existence du droit foncier coutumier et leur mise en application. Il a déploré que très peu de terres ait été immatriculées et disposent de certificats fonciers. 12.000 certificats fonciers ruraux délivrés sur 1000.000 attendus.

M. Sena Adessou, SG d’Inades-Formation

La cérémonie d’ouverture a été suivie par une présentation inaugurale animée par Monsieur N’GUESSAN Kouassi, Ingénieur des Mines, représentant la Direction générale des Mines et de la géologie, sur le thème « Activités Minières et Foncier Rural : Indemnisation/Compensation ».

Les assises se sont articulées autour des quatre panels suivants :

  • Panel 1 : « Enjeux de la sécurisation des terres dans le domaine foncier rural pour le développement des activités minières » avec quatre présentations ;
  • Panel 2 : « Quelles interactions entre le droit foncier, le droit minier et le droit de l’environnement? » avec trois présentations ;
  • Panel 3 : « impacts de la cohabitation agriculture et exploitation minière sur la cohésion sociale et le développement durable » avec trois présentations ;
  • Panel 4 : « Quelques solutions pour améliorer la formalisation des droits fonciers coutumiers dans les zones d’exploitation minière » avec trois présentations.

Ces panels ont été animés par des experts sur le foncier, juristes, anthropologues, sociologues, communicateurs, et ministères et agences publiques intervenant dans la gestion foncière. Les différentes présentations et échanges ont permis de passer en revue les conditions et conséquences de la pratique actuelle de l’activité minière licite comme illégale.

L’un des panels

Une paneliste

Le constat est clair : l’exploitation minière, outre ses avantages financiers pour l’état et certaines catégories de population, a de graves conséquences dans les zones où elle est pratiquée, et plus encore lorsqu’elle est clandestine. Elle détruit les terres et les cultures, réduit la main d’œuvre agricole et partant réduit les ressources agricoles alimentaires et non alimentaires, entraine des déplacements forcés des populations, déstructure l’organisation sociale, provoque des conflits, etc.

La plupart du temps, l’accès aux ressources foncières se déroule dans un cadre informel non régulé ni maîtrisé et les dispositions du Code minier ne sont pas respectées.

Chefs de villages

Les témoignages des chefs de village et victimes de l’orpaillage clandestin n’ont pas dit le contraire dans leur témoignage, lançant un cri de détresse pour une meilleure régulation et contrôle du secteur.

L’un des panélistes, parlant du cadre institutionnel, s’est interrogé sur la cohérence des politiques agricoles qui octroient un rôle crucial à l’agriculture dans l’éradication de la pauvreté et la politique de promotion du secteur minier.

Témoignages

Les assises se sont terminées par un panel spécial qui a permis de formuler des recommandations à adresser aux décideurs.

Parmi ces recommandations l’on trouve :

  • Sécuriser les terres rurales afin de mieux faire valoir les droits fonciers coutumiers ;
  • Faciliter l’obtention du certificat et du titre foncier à travers leur gratuité notamment ;
  • Développer une franche collaboration entre le ministère des mines et celui des Eaux et Forêts ;
  • Réduire les impacts de l’activité minière sur les forêts par la mise en œuvre et le suivi des résultats des évaluations environnementales ;
  • Réhabiliter les forêts détruites par l’exploitation minière ;
  • Prendre en compte toutes les préoccupations des populations locales en rapport avec l’exploitation minière ;
  • Organiser une large campagne de sensibilisation auprès de la population ;
  • Encourager la constitution de réserves naturelles volontaires par les populations
  • Améliorer la gestion des comités de développement locaux minier (CDLM) et faire un audit ;
  • Mettre en place des plans d’occupation du sol tant au niveau national qu’au niveau local, en identifiant les terres à fort potentialité agricole ;
  • Canaliser les orpailleurs pour faciliter la réhabilitation des sols ;
  • Il faut préserver les populations rurales contre les occupations anarchiques de l’exploitation minière ;
  • Associer les chefs de village dans la politique de lutte contre l’orpaillage illégal ;
  • L’application effective du code minier

Paneliste

Participante

Participante

Les participants se sont dit satisfaits des informations reçues et des échanges. Toutefois l’une des questions évoquées aux assises reste posée : l’orpaillage clandestin un sous-secteur à faire disparaître ou à organiser ?

Photo de famille

 

Autres presses :

https://www.fratmat.info/article/216557/conomie/foncier-des-assises-nationales-pour-proposer-des-solutions-pour-une-cohesion-sociale-dans-les-zones-rurales