Inades-Formation Cameroun a produit un Guide simplifié des dispositions légales en matière foncière au Cameroun. Ce guide a été édité dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de lutte contre l’insécurité foncière rurale pour la satisfaction des besoins alimentaires des populations autour des agro-industries et des zones d’implantation des projets dits structurants au Cameroun.

Aussi, une mission de présentation et distribution dudit guide a été réalisée du 25 au 27 mars 2019 dans les villages d’Elogbatindi, Dahane, Mbebe, Mvog-Fouda dans le Sud et les localités de Batschenga (Olembe, Natchtigal, Njie et Mebassa) dans le Centre du Cameroun.

Il était question, lors de cette mission, de donner une explication détaillée du guide simplifié pour une meilleure compréhension des populations. Ce guide a été distribué à toute la communauté et principalement aux comités communautaires qui serviront d’interface entre le village et l’extérieur et auront pour rôle de défendre les intérêts de la communauté partout où besoin sera.

Distribution du guide simplifié

Le présent guide est un résumé simplifié du droit au Cameroun sur lequel les populations s’appuieront pour défendre leurs intérêts. Il est structuré autour de trois grandes articulations : les différentes règles nationales en ce qui concerne le régime domanial, la prise en compte du droit coutumier, la procédure d’acquisition des concessions foncières, et les acquisitions foncières pour le développement des projets d’infrastructure ; les règles Internationales et enfin les références juridiques. Les populations ont apprécié ce guide qui leur permettra d’approfondir leurs connaissances sur le domaine foncier.

Distribution du guide simplifié

A la fin, il a été rappelé aux communautés que la sécurisation foncière passe par la mise en valeur de leurs terres et, de ce fait, elles doivent êtres les leaders de cette action, d’où la nécessité de leur apporter également des formations qui les rendront autonomes et capables de s’épanouir dans l’avenir.

Autrefois, les consommateurs nantis aimaient passer des commandes de « poulets DG » ou de « poulets braisés » pour la réception de leurs invités de marque. Aujourd’hui, grâce aux actions de sensibilisation menées par les « promoteurs des vivres de souveraineté » d’Inades-Formation, le « poulet au tchoukouri » encore appelé « poulet tchoukourisé » gagne de plus en plus du terrain.

En effet, Inades-Formation fait la promotion de la consommation des mets locaux, tant en ville que dans les campagnes, afin d’accompagner la production à une échelle plus grande de nos vivres et soutenir la souveraineté alimentaire en Afrique.

A Maroua dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun où est implantée l’une des deux Antennes d’Inades-Formation Cameroun, les « promoteurs des vivres de souveraineté » d’Inades-Formation ont mené des actions d’information et de sensibilisation en direction des producteurs, transformateurs, consommateurs et des partenaires au développement.  Et la sensibilisation porte des fruits !

Le « tchoukouri » était utilisé autrefois par nos mamans du village pour préparer leurs soupes, du fait de leur accès difficile au sel de cuisine. Aujourd’hui, cet ingrédient est recherché par les tenancières des gargotes qui ont pour activités parallèles, la vente du bouillon de viande et du poulet au « tchoukouri ».

Quelles sont les raisons de cette nouvelle tendance ? Selon les consommateurs, les justifications sont nombreuses. Certains disent que le « tchoukouri », sel traditionnel extrait des tiges de mil brûlées, est naturel et plein de vertus : lutte contre les vers intestinaux et fait baisser le taux d’alcool, donc indiqué pour les personnes qui souhaitent prolonger les soirées avec leurs invités et amis ; d’autres estiment que non seulement le « tchoukouri » permet d’avoir un poulet bien cuit, donc facile à digérer, mais il remplace valablement le sel de cuisine et surtout le cube maggi dont les méfaits sont aujourd’hui décriés.

Dans la ville de Maroua, pour les visiteurs non avertis, il suffit de se rendre dans une gargote en matinée ou en fin d’après-midi pour apprécier le spectacle. Nous, équipe de l’Antenne d’Inades-Formation Cameroun de Maroua, avons fait un tour dans le « circuit[1] » dit « CHEZ MADO » au quartier Hardé, et la tenancière nous a fait savoir que la demande de poulet au « tchoukouri » est tellement forte qu’elle se voit dans l’obligation de recruter une deuxième employée dans les prochains jours. Nous avons poussé la curiosité plus loin en passant nous-mêmes notre commande et, deux heures après, nous avons été servis. Pendant la dégustation, nous avons compris que la forte demande est justifiée, car ce met se passe de tout commentaire.

En définitive, l’on peut dire que le changement dans les habitudes alimentaires est en bonne voie. Les mets locaux retrouvent progressivement la confiance des consommateurs et leur place dans les assiettes en milieu urbain . Toutefois, le travail de sensibilisation et d’information reste encore de taille pour parvenir à une forte adhésion des populations urbaines à ce souci de souveraineté alimentaire qui est cher à Inades-Formation.


[1] Circuit est l’équivalent de maquis en Afrique de l’Ouest, restaurant de proximité

Plantation d’hévéa

Depuis l’année 2014, les populations riveraines de l’Arrondissement de Lokoundje dans le Département de l’Océan  au Cameroun, mènent un combat contre la société agro-industrielle Hévéa du Cameroun (Hévécam). Principale cause du différend, le non-respect du cahier de charges liant les deux parties, notamment la non libération de l’espace vital de 4 km dans les trois villages (Déhané, Elogbatindi et Mbebe) accaparé par ladite entreprise dans le cadre de l’extension de ses plantations. En effet, ces espaces étaient prévus pour le développement des activités agro-pastorales des communautés locales, véritable socle pour la réalisation des moyens de subsistance des populations. Il va sans dire que, l’insécurité foncière créée par les occupations massives de terres dans la zone, par HEVECAM a eu comme corollaire, la baisse du volume de production au niveau local, l’insécurité alimentaire, la recomposition socio professionnelle des populations, la baisse du pouvoir d’achat des populations, mais également une forte demande en produits alimentaires. C’est pourquoi, la nécessité de mener des actions conduisant à une augmentation de la production dans la zone trouve toute sa pertinence.

Malgré tous les soulèvements orchestrés par les communautés riveraines, sous la houlette de l’Association « Nyong et Lokoundjé Survivor », la réclamation est restée lettre morte. La descente de la commission cadastrale du Ministère des domaines, en avril 2016, qui avait pour but de délimiter les espaces querellés n’a rien changé à la situation des populations de ces villages.

Inades –Formation Cameroun, dans le cadre du projet intitulé « projet de lutte contre l’insécurité foncière rurale pour la satisfaction des besoins alimentaires des populations autour des agro industries et des zones d’implantation des projets dits structurants au Cameroun, » a mené des actions de lobbying/plaidoyer et initié une série de concertations stratégiques en vue de trouver une solution durable à cette situation. Un partenariat a été noué avec l’association locale « Nyong et Lokoundjé Survivor », dans le but d’accompagner les communautés dans la restauration de leurs droits.

Lors de la restitution des résultats de l’étude réalisée sur le foncier dans les deux zones du projet, Inades-Formation Cameroun a réussi à faire asseoir sur une même table, les membres de la société Hévecam, les administrations locales et les communautés riveraines. Les différents acteurs, après avoir écouté le rendu du rapport et échangé âprement, ont fait des propositions en vue de la sécurisation des espaces des communautés et améliorer les rapports entre l’entreprise et les communautés. 

Les bases d’une sortie de crise étant posées, les concertations impulsées par Inades-Formation, en collaboration avec l’association sus évoquée ont abouti à un accord de principe pour le respect et la matérialisation des clauses du cahier de charges de la société Hévecam dont celle de laisser aux communautés locales un espace vital de 4Km, du côté d’Elogbatindi, à la grande joie des communautés de ladite localité. Cet espace sera matérialisé en présence du sous-préfet, des autorités administratives, des dirigeants d’Hévecam et des communautés riveraines. Le plaidoyer continue afin que l’espace vital soit également rétrocédé dans les deux autres villages cibles du projet à Mbebe et Déhané dans la même localité.