Certification biologique au Cameroun : vers une structuration rigoureuse du marché bio

atelier certification

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À l’heure où les consommateurs camerounais réclament des produits alimentaires plus sains, la question de la certification biologique devient centrale. Entre préoccupations sanitaires, exigences du marché et absence de textes d’application clairs, les acteurs du secteur bio cherchent à s’organiser. C’est dans ce contexte qu’INADES-Formation a organisé, à l’Hôtel Matcheu à Yaoundé, un atelier de renforcement des capacités sur la certification en agriculture biologique et le respect des normes du marché.

L’agriculture conventionnelle est de plus en plus pointée du doigt. Manipulation de pesticides, résidus chimiques dans les aliments, multiplication des maladies chroniques… Le lien entre pratiques agricoles intensives et santé publique nourrit les inquiétudes.

« Nous voyons des producteurs tomber malades à cause des produits chimiques, et les consommateurs ingérer des résidus toxiques sans le savoir », a confié un participant engagé dans la production maraîchère. « Le cancer n’est plus une maladie lointaine. Il touche nos familles. Cela doit nous interpeller », a-t-il ajouté.

Face à cette réalité, l’agriculture biologique apparaît comme une alternative crédible. Mais encore faut-il garantir l’authenticité des produits mis sur le marché.

Le COAM, cadre consensuel de certification

Porté par le Réseau de Promotion de l’Agroécologie (REPAC), le Cameroon Organic Agriculture Movement (COAM) ambitionne de devenir le cadre consensuel de certification des produits biologiques au Cameroun. Il s’appuie sur des normes reconnues au niveau national, tout en intégrant les dynamiques de la société civile. L’atelier visait plusieurs objectifs : faciliter l’accès aux marchés, fédérer les acteurs de la chaîne de valeur bio, renforcer les synergies et outiller les organisations sur les exigences normatives.

Au nom d’INADES-Formation Cameroun, Mme Elizabeth a rappelé l’importance de la rencontre :« La certification n’est pas un luxe. Elle est la condition de la crédibilité du bio camerounais. Sans normes respectées, il n’y a pas de confiance. » La résolution adoptée prévoit la création d’un marché spécifique pour les produits en transition, avec une différenciation claire des prix et des autorisations formelles attestant du statut du producteur.

Les travaux en groupes ont permis de clarifier des notions essentielles. L’agriculture biologique a été définie comme « un système de production qui maintient et améliore la santé des sols, des écosystèmes et des personnes ».

Quant à la certification, elle ne se limite pas au produit fini. « La certification est un processus qui couvre toutes les étapes, de la parcelle au marché », a expliqué Jean-Marie lors de la synthèse.

Un débat a émergé sur la monoculture et la polyculture. Conclusion : la certification de la parcelle concerne l’ensemble des spéculations présentes au moment de l’évaluation.

Le marché biologique : plus qu’un lieu, un réseau

Au-delà de la certification, les participants ont exploré le fonctionnement du marché biologique. Le consensus est clair : le marché bio n’est pas seulement un espace physique, mais un réseau d’échanges d’informations et de produits.

Pour accroître la demande, plusieurs pistes ont été évoquées :

  • Sensibilisation des consommateurs via les réseaux sociaux ;
  • Organisation de foires bio ;
  • Harmonisation des prix ;
  • Plaidoyer pour des financements dédiés à la filière.

« Consommer bio est une philosophie », a résumé une participante. « Ce n’est pas seulement une question de prix, mais de valeur et de santé. »

Les discussions ont également porté sur la loi relative à l’agriculture biologique. Si le cadre légal existe, les textes d’application tardent à être publiés.

Le MINADER et le MINEPIA sont désignés comme autorités compétentes pour élaborer les cahiers de charges, mais les acteurs de la société civile souhaitent être davantage impliqués.« Nous devons nous assurer que les cahiers de charges nationaux soient en adéquation avec nos réalités de terrain », a insisté un membre du COAM. Les organes certificateurs sont également appelés à mettre à jour leurs bases de données pour renforcer la traçabilité.

À l’issue de l’atelier, plusieurs perspectives ont été dégagées :

  • Formation de relais locaux du COAM ;
  • Recrutement accru de membres sur le terrain ;
  • Actualisation de la base de données des acteurs certifiés ;
  • Organisation d’autres ateliers techniques.

Pour INADES-Formation Cameroun, cette rencontre marque une étape stratégique.

« Si nous voulons que le bio camerounais conquière les marchés nationaux et régionaux, nous devons être irréprochables sur la certification », a conclu Mme Elizabeth.

L’atelier aura permis de poser les bases d’une structuration plus rigoureuse du secteur. Dans un pays où la demande en produits sains ne cesse de croître, la certification apparaît désormais comme la clé de voûte de la crédibilité. Le défi reste immense : harmoniser les normes, renforcer la confiance des consommateurs et bâtir un marché viable.

Mais à Yaoundé, le 20 février 2026, un message fort a été lancé : le bio camerounais veut passer de l’initiative dispersée à une filière structurée, reconnue et compétitive.

 

Marguerite MOMHA, Chargée de Communication INADES-Formation Cameroun

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Projet ABCD2

Projet ABCD-Un élève un arbre COP28

1. Titre du projet

Accompagnement de la mise à l’échelle des expériences développées par les communautés et des dynamiques de suivi citoyen des politiques publiques en réponse au problème du changement climatique en Afrique subsaharienne (dit projet ABCD 2)

2. Resumé

Le projet de mise à l’échelle des expériences communautaires et dynamiques de suivi citoyen des politiques publiques face au changement climatique en Afrique subsaharienne est la continuation d’un premier projet de capitalisation desdites expériences.

En effet, en 2022, sur financement de l’Agence Basque de Coopération au Développement (ABCD), Inades-Formation a mené le projet « Etude-capitalisation des bonnes pratiques face aux défis du changement climatique et gouvernance locale en Afrique subsaharienne », qui a permis de capitaliser 50 expériences dont 31 expériences d’adaptation au changement climatique et 19 expériences de gouvernance dans 11 pays en Afrique sub-saharienne.

Sur la base des acquis de ce projet pilote, quelques réalités vivantes sur les efforts des communautés en matière de lutte contre les problèmes posés par le changement climatique en Afrique ont pu être décelées et capitalisées. Elles ont été développées par une diversité d’acteurs dont des services publics spécialisés sur la gestion de l’environnement et du changement climatique, les organisations de la société civile et les organisations paysannes.

Dans le cadre de cette deuxième phase du projet dont la durée est de 30 mois (2022-2024), l’idée est de (i) mettre à l’échelle ces bonnes expériences développées par les communautés dans les pays Africains, en matière d’adaptation, atténuation et résilience face au changement climatique et de (ii) soutenir les dynamiques de suivi citoyen des cadres politiques et réglementaires associés.

Projet ACF-AO

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1. Titre du projet

Projet action climatique féministe – Afrique de l’ouest ACF-AO

2. Resumé

Le Projet « Action climatique féministe en Afrique de l’Ouest » est mis en œuvre en Côte d’Ivoire pour contribuer efficacement à la résilience et à lutte contre les effets du changement climatique par les communautés côtières et insulaires écologiquement sensibles avec un accent particulier sur les femmes rurales et le jeunes. 

Il renforcera les capacités des communautés, des femmes et des jeunes en particulier, pour la mise en œuvre de stratégies de protection de la biodiversité et d’écosystèmes notamment par l’adoption de pratiques agroécologiques, la diversification énergétique et des plaidoyers. Il permettra de renforcer la participation des femmes rurales et des jeunes à la gouvernance locale de la biodiversité et l’action climatique.

Financé par Affaires mondiales Canada | Global Affairs Canada, le projet ACF AO se déroule en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau, au Sénégal et au Togo.

Il est piloté en Côte d’Ivoire par SUCO et Inades-Formation – Secrétariat Général.

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