Cameroun: La culture du piment bio : à Kamba, une révolution verte prend racine

Mise en place d'une pépinière de piment bio
Mise en place d'une pépinière de piment bio

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Dans la petite localité de Kamba située non loin de Mfou, une nouvelle dynamique agricole est en train de voir le jour. Le 30 janvier 2026, producteurs et habitants se sont réunis autour d’une formation dédiée à la culture du piment biologique, dispensée par NGAH Landry, porteur de micro-interventions encadré par INADES-Formation Cameroun, dans le cadre du projet Pôle de Connaissances pour l’Agriculture biologique et l’agroécologie en Afrique Centrale (PCAC).

L’objectif de cette session a été de doter les producteurs de compétences durables pour améliorer leurs rendements tout en préservant les ressources naturelles.

À Kamba, l’agriculture constitue la principale source de subsistance. Pourtant, comme dans de nombreuses zones rurales, les producteurs sont confrontés à des sols de plus en plus appauvris et à la hausse du coût des intrants chimiques. Face à ces défis, la culture biologique apparaît comme une alternative crédible.

Le choix du piment n’est pas anodin. Très consommé dans les ménages camerounais et fortement demandé sur les marchés, il représente une culture à fort potentiel économique.

« Produire du piment en mode biologique permet non seulement de protéger la santé des producteurs et des consommateurs, mais aussi de valoriser davantage la production », explique Ngah Landry. « Nous voulons montrer qu’il est possible de produire autrement, avec des méthodes simples et accessibles. »

La formation s’est distinguée par son approche pratique. Sur une parcelle aménagée pour l’occasion, les participants ont découvert les étapes essentielles de la production biologique : préparation du sol à l’aide de matières organiques, sélection des semences, techniques naturelles de fertilisation et méthodes écologiques de lutte contre les ravageurs.

L’accent a été mis sur la restauration de la fertilité des sols et la préservation de la biodiversité, deux piliers de l’agroécologie.

« Avant cette formation, nous pensions que de bonnes récoltes dépendaient forcément des produits chimiques. Aujourd’hui, nous comprenons que la santé du sol est la base de tout », confie Thérèse, productrice locale.

Une opportunité économique pour les communautés

Au-delà de ses bénéfices environnementaux, le piment biologique pourrait devenir un véritable levier de développement économique pour Kamba. Sur un marché où les consommateurs sont de plus en plus attentifs à la qualité des aliments, les produits issus de l’agriculture biologique gagnent progressivement du terrain.

« Si nous appliquons bien ces techniques, nous pourrons produire un piment de meilleure qualité et le vendre à un prix plus avantageux…. C’est une chance pour améliorer nos revenus.», estime Martin Essomba, jeune agriculteur.

La proximité avec Mfou et la ville de Yaoundé renforce d’ailleurs les perspectives de commercialisation, ouvrant la voie à de nouveaux débouchés pour les producteurs.

Cette formation s’inscrit dans une vision plus large : celle d’une agriculture capable de résister aux chocs climatiques et économiques. En limitant la dépendance aux intrants chimiques et en valorisant les ressources locales, les producteurs gagnent en autonomie.

Pour INADES-Formation Cameroun, accompagner ce type d’initiatives revient à préparer les territoires ruraux aux défis de demain.

« L’agroécologie propose une approche globale qui concilie performance agricole, protection de l’environnement et bien-être des communautés… Chaque producteur formé devient un acteur du changement», souligne Ngah Landry.

Une dynamique collective encourageante

Au fil des échanges, un esprit de solidarité s’est installé entre les participants. Plusieurs ont exprimé leur volonté de partager les connaissances acquises avec d’autres agriculteurs, afin d’élargir l’impact de la formation. Certains ont même envisagé la création de parcelles de démonstration pour encourager l’adoption de la culture biologique dans toute la localité. « Nous voulons que Kamba devienne un exemple. Si nous travaillons ensemble, nous pouvons transformer notre manière de produire », affirme une participante avec conviction.

Les micro-interventions, catalyseurs du changement local

La réplication de cette formation illustre le rôle stratégique des micro-interventions dans la diffusion de l’innovation agricole. En rapprochant la formation des producteurs, ces actions favorisent une appropriation rapide des bonnes pratiques.

Le Projet Pôle de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique mise justement sur cette approche pour accélérer la transition vers des systèmes alimentaires plus durables.

À la fin de la session, les regards se tournent déjà vers l’avenir. Entre curiosité et enthousiasme, les producteurs semblent conscients de participer à une transformation silencieuse mais essentielle. La culture du piment biologique n’est peut-être qu’un début, mais elle symbolise une évolution profonde, car c’est une agriculture qui choisit de travailler avec la nature plutôt que contre elle.

Dans cette localité paisible aux portes de Mfou, une certitude s’impose peu à peu : le bio n’est plus une idée lointaine. À Kamba, il est désormais une réalité en pleine croissance : la promesse d’un avenir agricole plus sain, plus rentable et plus durable.

Cliquez sur le lien ci dessous et accédez à la fiche technique de production d’une pépinière de piment à base de bio-intrants naturels

FICHE TECHNIQUE PRODUCTION D’UNE PEPINIERE DE PIMENT A BASE DE BIO-INTRANTS NATURELS

Marguerite MOMHA, Chargée de Communication INADES-Formation Cameroun

 

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Projet ABCD2

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1. Titre du projet

Accompagnement de la mise à l’échelle des expériences développées par les communautés et des dynamiques de suivi citoyen des politiques publiques en réponse au problème du changement climatique en Afrique subsaharienne (dit projet ABCD 2)

2. Resumé

Le projet de mise à l’échelle des expériences communautaires et dynamiques de suivi citoyen des politiques publiques face au changement climatique en Afrique subsaharienne est la continuation d’un premier projet de capitalisation desdites expériences.

En effet, en 2022, sur financement de l’Agence Basque de Coopération au Développement (ABCD), Inades-Formation a mené le projet « Etude-capitalisation des bonnes pratiques face aux défis du changement climatique et gouvernance locale en Afrique subsaharienne », qui a permis de capitaliser 50 expériences dont 31 expériences d’adaptation au changement climatique et 19 expériences de gouvernance dans 11 pays en Afrique sub-saharienne.

Sur la base des acquis de ce projet pilote, quelques réalités vivantes sur les efforts des communautés en matière de lutte contre les problèmes posés par le changement climatique en Afrique ont pu être décelées et capitalisées. Elles ont été développées par une diversité d’acteurs dont des services publics spécialisés sur la gestion de l’environnement et du changement climatique, les organisations de la société civile et les organisations paysannes.

Dans le cadre de cette deuxième phase du projet dont la durée est de 30 mois (2022-2024), l’idée est de (i) mettre à l’échelle ces bonnes expériences développées par les communautés dans les pays Africains, en matière d’adaptation, atténuation et résilience face au changement climatique et de (ii) soutenir les dynamiques de suivi citoyen des cadres politiques et réglementaires associés.

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Le Projet « Action climatique féministe en Afrique de l’Ouest » est mis en œuvre en Côte d’Ivoire pour contribuer efficacement à la résilience et à lutte contre les effets du changement climatique par les communautés côtières et insulaires écologiquement sensibles avec un accent particulier sur les femmes rurales et le jeunes. 

Il renforcera les capacités des communautés, des femmes et des jeunes en particulier, pour la mise en œuvre de stratégies de protection de la biodiversité et d’écosystèmes notamment par l’adoption de pratiques agroécologiques, la diversification énergétique et des plaidoyers. Il permettra de renforcer la participation des femmes rurales et des jeunes à la gouvernance locale de la biodiversité et l’action climatique.

Financé par Affaires mondiales Canada | Global Affairs Canada, le projet ACF AO se déroule en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau, au Sénégal et au Togo.

Il est piloté en Côte d’Ivoire par SUCO et Inades-Formation – Secrétariat Général.

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