Cameroun : INADES-Formation Cameroun forme les producteurs d’Okoa-Maria à la préparation d’un biopestifuge sophistiqué  pour une agriculture plus saine

Le formateur en séance de formation
Le formateur en séance de formation

Partager cet article

Share on facebook
Share on linkedin
Share on twitter
Share on email

Dans la ferme pilote d’Okoa Maria, une effervescence peu ordinaire règne ce mercredi, 28 janvier 2026. Les producteurs et responsables de la ferme et membres de la communauté locale se sont réunis pour prendre part à une formation pratique sur la préparation d’un biopestifuge sophistiqué, une alternative écologique aux pesticides chimiques. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Pôle de connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique, dont INADES-Formation Cameroun est l’une des organisations de mise en œuvre.

Conduite par YENE Zacharie Hervé, porteur de micro-intervention, la session avait pour objectif de renforcer les capacités des acteurs agricoles sur des pratiques durables, capables d’améliorer les rendements, tout en préservant l’environnement et la santé humaine.

Une solution naturelle face aux défis agricoles

Au cœur de la formation : la fabrication d’un biopestifuge à partir d’ingrédients naturels accessibles localement. Cette solution vise à protéger les cultures contre les ravageurs sans recourir aux intrants chimiques souvent coûteux et nocifs pour les sols. Démonstrations à l’appui, les participants ont découvert les différentes étapes de préparation, les dosages appropriés ainsi que les méthodes d’application adaptées aux cultures et à l’élevage. L’approche participative a permis à chacun de manipuler les composants et poser des questions pratiques liées à leurs réalités de terrain.

Pour le formateur, cette démarche représente bien plus qu’un simple transfert de compétences. « Le biopestifuge sophistiqué que nous présentons aujourd’hui est une réponse concrète aux problèmes de dégradation des sols et aux effets des produits chimiques sur la santé. Notre ambition est de rendre les producteurs plus autonomes grâce à des solutions naturelles, efficaces et économiques », explique YENE Zacharie Hervé.

Il souligne également que ces pratiques s’inscrivent dans la logique agroécologique, qui privilégie l’équilibre des écosystèmes et la valorisation des ressources locales.

 

Des producteurs réceptifs et engagés

Tout au long de la session, l’intérêt des participants était palpable. Pour beaucoup, cette formation arrive à point nommé dans un contexte où les coûts des pesticides augmentent et où les préoccupations environnementales se font plus pressantes.

« Nous utilisions souvent des produits chimiques sans mesurer leurs conséquences. Aujourd’hui, je comprends qu’il est possible de protéger mes cultures autrement, tout en réduisant les risques pour ma famille et mes clients », confie Madeleine, productrice de légumes dans la localité.

Même enthousiasme chez Ruth, responsable de la ferme pilote : « Cette formation marque une étape importante pour notre exploitation. Les biofertilisants et biopestifuges ne profitent pas seulement aux cultures ; ils améliorent aussi la qualité de l’alimentation animale et contribuent à un environnement plus sain. »

Les bienfaits des biofertilisants pour un système agricole durable

Au-delà de la lutte contre les ravageurs, les participants ont également été sensibilisés aux bienfaits des biofertilisants, présentés comme des alliés essentiels pour restaurer la fertilité des sols. Contrairement aux engrais chimiques, ces fertilisants naturels favorisent l’activité biologique du sol, améliorent sa structure et renforcent la résistance des plantes face aux maladies.

Pour le formateur, l’adoption combinée des biofertilisants et des biopestifuges permet d’envisager une agriculture plus résiliente. « Lorsque le sol est vivant, la plante est plus forte. Et lorsqu’on protège cette plante avec des solutions naturelles, on crée un cercle vertueux qui bénéficie à toute la chaîne de production », précise-t-il.

Une réponse aux enjeux sanitaires et environnementaux

Cette initiative intervient dans un contexte où la transition vers des systèmes alimentaires durables devient une priorité. L’utilisation excessive de pesticides chimiques est régulièrement pointée du doigt pour ses impacts sur la biodiversité, la qualité de l’eau et la santé des populations.

En formant les producteurs à des alternatives écologiques, INADES-Formation Cameroun et ses partenaires entendent encourager un changement progressif des pratiques agricoles. « Avant, je pensais que le bio était compliqué ou réservé aux grandes exploitations. Mais aujourd’hui, je vois que nous pouvons le faire avec ce que nous avons ici », témoigne Claudine Essama, participante.

L’un des messages forts de la journée a été la notion d’autonomie. Produire ses propres intrants permet non seulement de réduire les dépenses, mais aussi de limiter la dépendance aux circuits commerciaux parfois instables.

Les échanges ont également mis en lumière l’importance de la capitalisation des connaissances, afin que les bénéficiaires puissent à leur tour transmettre ces pratiques dans leurs communautés. « Notre rôle ne s’arrête pas à cette formation. Nous comptons expérimenter rapidement cette méthode et la partager avec d’autres producteurs », assure un jeune agriculteur présent à l’atelier.

Un pas de plus vers la transition agroécologique

À travers cette activité, le projet Pôle de connaissances pour l’agriculture biologique et l’agroécologie en Afrique poursuit son ambition : bâtir des systèmes agricoles capables de répondre aux défis climatiques, économiques et sociaux.

La formation d’Okoa Maria illustre ainsi la montée en puissance des micro-interventions comme leviers de transformation rurale. En mettant l’accent sur des solutions locales et durables, ces initiatives contribuent à sécuriser les moyens de subsistance tout en protégeant les ressources naturelles.

Alors que la session s’achève, les participants quittent la ferme avec un sentiment partagé : celui d’avoir acquis une compétence utile et porteuse d’avenir. « Ce que nous avons appris aujourd’hui peut véritablement changer notre manière de produire. C’est une avancée pour notre santé, pour nos sols et pour les générations futures », conclut un participant.

À Okoa Maria, la préparation du biopestifuge sophistiqué n’aura donc pas été qu’un exercice technique ; elle symbolise surtout une étape supplémentaire vers une agriculture plus responsable, où innovation rime avec respect de la nature.

 

Cliquez sur ce lien et accédez à fiche technique sur la fabrication du biofertilisant sophistiqué

FICHE TECHNIQUE DE FABRICATION D’UN BIO-INTRANT FERTILISANT SOPHISTIQUE

MARGUERITE MOMHA, Chargée Communication INADES-Formation Cameroun

Continuez votre lecture...

Projet ABCD2

Projet ABCD-Un élève un arbre COP28

1. Titre du projet

Accompagnement de la mise à l’échelle des expériences développées par les communautés et des dynamiques de suivi citoyen des politiques publiques en réponse au problème du changement climatique en Afrique subsaharienne (dit projet ABCD 2)

2. Resumé

Le projet de mise à l’échelle des expériences communautaires et dynamiques de suivi citoyen des politiques publiques face au changement climatique en Afrique subsaharienne est la continuation d’un premier projet de capitalisation desdites expériences.

En effet, en 2022, sur financement de l’Agence Basque de Coopération au Développement (ABCD), Inades-Formation a mené le projet « Etude-capitalisation des bonnes pratiques face aux défis du changement climatique et gouvernance locale en Afrique subsaharienne », qui a permis de capitaliser 50 expériences dont 31 expériences d’adaptation au changement climatique et 19 expériences de gouvernance dans 11 pays en Afrique sub-saharienne.

Sur la base des acquis de ce projet pilote, quelques réalités vivantes sur les efforts des communautés en matière de lutte contre les problèmes posés par le changement climatique en Afrique ont pu être décelées et capitalisées. Elles ont été développées par une diversité d’acteurs dont des services publics spécialisés sur la gestion de l’environnement et du changement climatique, les organisations de la société civile et les organisations paysannes.

Dans le cadre de cette deuxième phase du projet dont la durée est de 30 mois (2022-2024), l’idée est de (i) mettre à l’échelle ces bonnes expériences développées par les communautés dans les pays Africains, en matière d’adaptation, atténuation et résilience face au changement climatique et de (ii) soutenir les dynamiques de suivi citoyen des cadres politiques et réglementaires associés.

Projet ACF-AO

WhatsApp Image 2023-08-24 at 15.13.12

1. Titre du projet

Projet action climatique féministe – Afrique de l’ouest ACF-AO

2. Resumé

Le Projet « Action climatique féministe en Afrique de l’Ouest » est mis en œuvre en Côte d’Ivoire pour contribuer efficacement à la résilience et à lutte contre les effets du changement climatique par les communautés côtières et insulaires écologiquement sensibles avec un accent particulier sur les femmes rurales et le jeunes. 

Il renforcera les capacités des communautés, des femmes et des jeunes en particulier, pour la mise en œuvre de stratégies de protection de la biodiversité et d’écosystèmes notamment par l’adoption de pratiques agroécologiques, la diversification énergétique et des plaidoyers. Il permettra de renforcer la participation des femmes rurales et des jeunes à la gouvernance locale de la biodiversité et l’action climatique.

Financé par Affaires mondiales Canada | Global Affairs Canada, le projet ACF AO se déroule en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau, au Sénégal et au Togo.

Il est piloté en Côte d’Ivoire par SUCO et Inades-Formation – Secrétariat Général.

FondAfrica

Inades-Formation
Au service du Bien Commun

FondAfrica

Inades-Formation vous remercie pour votre soutient  pour ses actions de développement économique et social en faveur du monde rural.

Votre don sera reversé au destinataire que vous avez choisi.

Suivez-nous en vous abonnant à notre newsletters.

Inades-Formation
Au service du Bien Commun

FondAfrica

1. Qu'est-ce que c'est ?

Le Fonds Africain d’appui au développement rural (FondAfrica) a été porté sur les fonts baptismaux le 23 juillet 1997 à Dar-es-Salaam en Tanzanie, à la suite d’un constat : le développement de l’Afrique ne passera que par son auto-financement.

FondAfrica est un appel à la générosité publique à travers des actions de collecte auprès des personnes physiques et morales.

2. Pourquoi faire un don ?

FondAfrica est un instrument particulier de la stratégie de financement d’Inades-Formation. FondAfrica a formulé sa vision à moyen terme ainsi qu’il suit « Dans 10 ans, et grâce aux revenus issus des fonds collectés par le Fondafrica, Inades-Formation aura porté sa capacité d’autofinancement des services rendus au monde rural africain à 40 % ».

Voulez-vous soutenir Inades-Formation dans ses actions de développement économique et social en faveur du monde rural? Si oui, alors agissez à travers FondAfrica en faisant un don.