Dans la ferme pilote d’Okoa Maria, une effervescence peu ordinaire règne ce mercredi, 28 janvier 2026. Les producteurs et responsables de la ferme et membres de la communauté locale se sont réunis pour prendre part à une formation pratique sur la préparation d’un biopestifuge sophistiqué, une alternative écologique aux pesticides chimiques. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Pôle de connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique, dont INADES-Formation Cameroun est l’une des organisations de mise en œuvre.
Conduite par YENE Zacharie Hervé, porteur de micro-intervention, la session avait pour objectif de renforcer les capacités des acteurs agricoles sur des pratiques durables, capables d’améliorer les rendements, tout en préservant l’environnement et la santé humaine.
Une solution naturelle face aux défis agricoles
Au cœur de la formation : la fabrication d’un biopestifuge à partir d’ingrédients naturels accessibles localement. Cette solution vise à protéger les cultures contre les ravageurs sans recourir aux intrants chimiques souvent coûteux et nocifs pour les sols. Démonstrations à l’appui, les participants ont découvert les différentes étapes de préparation, les dosages appropriés ainsi que les méthodes d’application adaptées aux cultures et à l’élevage. L’approche participative a permis à chacun de manipuler les composants et poser des questions pratiques liées à leurs réalités de terrain.
Pour le formateur, cette démarche représente bien plus qu’un simple transfert de compétences. « Le biopestifuge sophistiqué que nous présentons aujourd’hui est une réponse concrète aux problèmes de dégradation des sols et aux effets des produits chimiques sur la santé. Notre ambition est de rendre les producteurs plus autonomes grâce à des solutions naturelles, efficaces et économiques », explique YENE Zacharie Hervé.
Il souligne également que ces pratiques s’inscrivent dans la logique agroécologique, qui privilégie l’équilibre des écosystèmes et la valorisation des ressources locales.
Des producteurs réceptifs et engagés
Tout au long de la session, l’intérêt des participants était palpable. Pour beaucoup, cette formation arrive à point nommé dans un contexte où les coûts des pesticides augmentent et où les préoccupations environnementales se font plus pressantes.
« Nous utilisions souvent des produits chimiques sans mesurer leurs conséquences. Aujourd’hui, je comprends qu’il est possible de protéger mes cultures autrement, tout en réduisant les risques pour ma famille et mes clients », confie Madeleine, productrice de légumes dans la localité.
Même enthousiasme chez Ruth, responsable de la ferme pilote : « Cette formation marque une étape importante pour notre exploitation. Les biofertilisants et biopestifuges ne profitent pas seulement aux cultures ; ils améliorent aussi la qualité de l’alimentation animale et contribuent à un environnement plus sain. »
Les bienfaits des biofertilisants pour un système agricole durable
Au-delà de la lutte contre les ravageurs, les participants ont également été sensibilisés aux bienfaits des biofertilisants, présentés comme des alliés essentiels pour restaurer la fertilité des sols. Contrairement aux engrais chimiques, ces fertilisants naturels favorisent l’activité biologique du sol, améliorent sa structure et renforcent la résistance des plantes face aux maladies.
Pour le formateur, l’adoption combinée des biofertilisants et des biopestifuges permet d’envisager une agriculture plus résiliente. « Lorsque le sol est vivant, la plante est plus forte. Et lorsqu’on protège cette plante avec des solutions naturelles, on crée un cercle vertueux qui bénéficie à toute la chaîne de production », précise-t-il.

Une réponse aux enjeux sanitaires et environnementaux
Cette initiative intervient dans un contexte où la transition vers des systèmes alimentaires durables devient une priorité. L’utilisation excessive de pesticides chimiques est régulièrement pointée du doigt pour ses impacts sur la biodiversité, la qualité de l’eau et la santé des populations.
En formant les producteurs à des alternatives écologiques, INADES-Formation Cameroun et ses partenaires entendent encourager un changement progressif des pratiques agricoles. « Avant, je pensais que le bio était compliqué ou réservé aux grandes exploitations. Mais aujourd’hui, je vois que nous pouvons le faire avec ce que nous avons ici », témoigne Claudine Essama, participante.
L’un des messages forts de la journée a été la notion d’autonomie. Produire ses propres intrants permet non seulement de réduire les dépenses, mais aussi de limiter la dépendance aux circuits commerciaux parfois instables.
Les échanges ont également mis en lumière l’importance de la capitalisation des connaissances, afin que les bénéficiaires puissent à leur tour transmettre ces pratiques dans leurs communautés. « Notre rôle ne s’arrête pas à cette formation. Nous comptons expérimenter rapidement cette méthode et la partager avec d’autres producteurs », assure un jeune agriculteur présent à l’atelier.
Un pas de plus vers la transition agroécologique

À travers cette activité, le projet Pôle de connaissances pour l’agriculture biologique et l’agroécologie en Afrique poursuit son ambition : bâtir des systèmes agricoles capables de répondre aux défis climatiques, économiques et sociaux.
La formation d’Okoa Maria illustre ainsi la montée en puissance des micro-interventions comme leviers de transformation rurale. En mettant l’accent sur des solutions locales et durables, ces initiatives contribuent à sécuriser les moyens de subsistance tout en protégeant les ressources naturelles.
Alors que la session s’achève, les participants quittent la ferme avec un sentiment partagé : celui d’avoir acquis une compétence utile et porteuse d’avenir. « Ce que nous avons appris aujourd’hui peut véritablement changer notre manière de produire. C’est une avancée pour notre santé, pour nos sols et pour les générations futures », conclut un participant.
À Okoa Maria, la préparation du biopestifuge sophistiqué n’aura donc pas été qu’un exercice technique ; elle symbolise surtout une étape supplémentaire vers une agriculture plus responsable, où innovation rime avec respect de la nature.
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FICHE TECHNIQUE DE FABRICATION D’UN BIO-INTRANT FERTILISANT SOPHISTIQUE
MARGUERITE MOMHA, Chargée Communication INADES-Formation Cameroun


