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Dans le cadre du Projet de valorisation des vivres de souveraineté phase 1 (2017-2019) et celui de la phase 2 (2020-2022), les dynamiques autour de l’Entreprenariat semencier paysan (ESP) et du Dispositif de contrôle endogène de la qualité des semences par les paysans (DCEQS) se sont renforcées dans le réseau Inades-Formation, entrainant une disponibilité progressive des semences de qualité produites par les paysans au Burkina Faso, Togo, Côte d’Ivoire, Cameroun, Tchad, Congo, Burundi selon les données fournies par les Bureaux nationaux de ces pays en fin 2020.

Afin de consolider les initiatives engagées et envisager leur mise à l’échelle, celles-ci ont été documentées et mises en partage avec d’autres acteurs semenciers et partenaires dans le cadre d’un Atelier régional Afrique de l’Ouest, organisé à Lomé au Togo, du 20 au 23 septembre 2021.

Cet atelier a réuni les équipes des bureaux nationaux du Togo, Burkina Faso et Cote d’ivoire. D’autres acteurs impliqués dans les questions semencières ont également pris part à cet atelier, il s’agit notamment de la Direction nationale des semences du Ministère en charge de l’agriculture du Togo, de la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN), de l’Union des groupements NAAM du Burkina Faso et de producteurs semenciers du Togo.

Chacun des BN et acteurs invités a partagé ses expériences sur la valorisation des semences paysannes. Les semences paysannes regroupent aussi bien les semences traditionnelles que les semences améliorées adoptées et multipliées par les paysans et les semences locales.

Une visite terrain a été organisée avec l’ensemble des participants pour s’imprégner des initiatives paysannes sur les semences au Togo dans le village de Yao Kopé dans la région du Plateau. Ce qui a permis de faire une visite des parcelles d’expérimentation des CILAC, des champs semenciers et d’échanger avec les membres de la coopérative du village. Ces échanges ont tourné autour des possibilités de financement des activités de production de semences, de la distribution des semences paysannes, de la transformation des vivres de souveraineté et autres produits locaux, etc.

Visite de champ semencier

Un reportage vidéo réalisé sur l’ensemble de l’atelier et sur la visite des initiatives semencières sur le terrain, permettra de faire une large diffusion du travail engagé sur la valorisation des semences paysannes par Inades-Formation, à travers divers canaux (sites web, réseaux, etc.).

Rappelons que l’objectif de l’ESP est de : (i) rapprocher les semences de qualité des petits producteurs agricoles ; (ii) rendre les prix des semences de qualité accessibles aux pouvoir d’achat des petits producteurs et (iii) faire de la production de semences une activité génératrice de revenus pour les populations rurales. Quant à celui du DCEQS, c’est de disposer d’un instrument pour garantir la qualité des semences paysannes produites.

Cet Atelier régional a été une bonne occasion de partage d’expériences entre les trois Bureaux nationaux d’Afrique de l’Ouest et d’autres acteurs semenciers issus de ces pays. Les apprentissages ont permis d’enrichir et de consolider les plans opérationnels ESP et DCEQS des Bureaux nationaux pour plus d’efficacité dans l’accompagnement des groupes semenciers et pour une mise à l’échelle de ces initiatives. Plusieurs recommandations et points d’attention ont été formulés et feront l’objet de suivi des initiatives engagées dans chaque BN dans le cadre d’un plan de suivi.

Inades-Formation Burundi vient de conduire des sessions de concertation des organisations de la société civile œuvrant dans le secteur agricole pour échanger et planifier conjointement la Campagne baptisée « Campagne Conscience AlimenTERRE  » au Burundi d’ici 2025. Sous la facilitation du chargé du plaidoyer au Secrétariat Général d’Inades-Formation, Monsieur Pascal BARIDOMO en mission de travail au Burundi, les travaux ont été organisés en dates du 20 au 24 septembre 2021 dans les enceintes de la Détente à Bujumbura non loin du lac Tanganyika.

L’équipe d’Inades-Formation Burundi avec les représentants des organisations membres du Groupe de Plaidoyer Agricole « GPA » /CNAF-Burundi se sont rencontrés pour d’abord s’approprier collectivement les enjeux du droit à une alimentation saine et durable d’une part, et ceux de la Décennie des Nations Unies en faveur de l’Agriculture Familiale « DNUAF » d’autre part. Tout le monde s’est accordé que la campagne constitue une opportunité pour débattre les questions pertinentes en vue de proposer des alternatives durables.

En effet, il se dégage que la toxicité des pesticides et fertilisants chimiques de synthèse pour les humains et pour l’environnement, constitue une atteinte au droit à l’alimentation saine et durable . Il y a aussi le défi de systèmes agricoles et alimentaires qui prennent en compte la déclaration universelle sur les droits de l’homme, le Pacte International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels (PIDESC) et différents instruments internationaux comme les conventions /traités de régulation sur la circulation et l’utilisation des intrants chimiques de synthèse dans l’agriculture.

Ouverture par le Directeur d’Inades-Formation Burundi, Mr NIGEZE Joseph accompagné par le Président du FOPABU-Voix des paysans

La « Campagne Conscience AlimenTERRE » couvre dix pays d’interventions du réseau Inades-Formation. Son objectif est de contribuer à la concrétisation, dans les pays africains, du droit des populations à une alimentation suffisante, saine et durable, à travers une citoyenneté alimentaire accrue et une veille active aux respects des obligations des Etats en la matière, accordant une attention particulière aux droits des personnes et des groupes les plus vulnérables. Sur le plan conceptuel, la mise en œuvre de la campagne repose sur deux piliers de travail à savoir :

  • L’Education à la citoyenneté alimentaire pour une meilleure prise de conscience des agriculteurs, travailleurs agricoles et consommateurs en matière de changement de comportement au profit des systèmes agricoles et alimentaires qui prennent soin de l’environnement (sols, eaux, biodiversité, air) , de la santé humaine et de l’identité culturelle ;
  • Le suivi citoyen des programmes et politiques publiques en faveur d’une alimentation saine, suffisante et durable pour tous.

Sur la base de ces deux piliers ci-haut, les participants ont défini des éléments de la matrice de faisabilité de la consolidation du mouvement paysan capable de défendre l’agriculture familiale et les systèmes alimentaires sains et durables. Pour y arriver, ils ont dégagé des éléments du plan d’action portant sur la campagne d’information, de sensibilisation, de plaidoyer et de consolidation d’un mouvement citoyen autour des enjeux du droit à une alimentation saine et durable pour tous et toutes. Après l’analyse des opportunités, des risques, des forces et faiblesses, des pistes d’actions ont été formulés. Dans l’esprit de consolider les efforts et songer aux tactiques de plaidoyer visant l’atteinte des résultats, les participants ont fait la cartographie des cibles , des alliés et des parties prenantes.

Enfin, ils ont dressé un calendrier indicatif pour la collecte de tous les outils de communication de la Campagne Conscience AlimenTERRE, ont réfléchi sur les stratégies de plaidoyer et la répartition des tâches.

Le chargé du plaidoyer au Secrétariat Général d’Inades-Formation, Mr BARIDOMO Pascal facilite les activités

Signalons que la campagne « Conscience AlimenTERRE » est déjà lancée dans certains autres pays d’implantation d’Inades-Formation, notamment en Côte d’Ivoire, au Burkina Fasso et en République Démocratique du Congo. Dans les autres pays, le lancement est en cours de préparation.

Au Burundi, le lancement de la « Campagne Conscience AlimenTERRE » est projeté au mois de novembre 2021. L’objectif de la campagne est d’éveiller la conscience autour du droit à l’alimentation saine et durable pour toutes et tous, en ce qui concerne la disponibilité de la nourriture, l’accessibilité (économique et physique), l’adéquation de la nourriture et sa durabilité. La campagne se conduit autour du slogan : « L’Alimentation est un droit et manger, un vote ».

Photo de famille des participants membres des faitières

Valorisation des vivres de souveraineté à travers le développement de l’entrepreneuriat collectif agricole autour des filières fonio, mil et sorgho au centre et nord de la cote d’Ivoire

 

Inades-Formation s’est engagé résolument pour la promotion des systèmes alimentaires basés sur l’agriculture familiale. De tout temps engagé pour l’agriculture paysanne, ce choix a été motivé par la persistance des crises alimentaires dans le monde et particulièrement en Afrique, le changement climatique et ses conséquences, la menace de l’agro-business qui dépossède les petits producteurs, la tendance à l’uniformisation des systèmes alimentaires qui expose les populations des pays du Sud à la perte de la diversité alimentaire et les rend de plus en plus dépendants des produits d’exportation.

Face à ce triste tableau, il est primordial d’œuvrer pour la conservation de la souveraineté alimentaire des pays du Sud. Toute chose qui passe par la promotion des vivres de souveraineté et la transition agro-écologique.

C’est donc à cette fin qu’est lancé le projet de Valorisation des vivres de souveraineté pour une alimentation suffisante, saine, durable des populations.

Le projet s’exécute dans 8 pays du réseau Inades-Formation et a pour objectif de contribuer à la promotion des systèmes alimentaires basés sur l’Agriculture familiale pour une vie digne pour toutes et tous. Il vise spécifiquement à améliorer durablement le niveau de productivité et de consommation des vivres de souveraineté dans les zones d’intervention ; à mettre en place et développer des mécanismes durables de gestion du marché et de consommation des produits alimentaires locaux ; à inciter les politiques publiques à prendre en compte la promotion des systèmes alimentaires base sur l’agriculture familiale et des vivres de souveraineté en particulier.

Outre des formations, expérimentations et partage d’expériences en matière de bonnes pratiques culturales, de stratégies efficaces de mise en marche, des sensibilisations à produire et consommer les vivres de souveraineté, des plaidoyers pour le développement de l’agriculture familiale, le projet prévoit des actions pour renforcer l’accès au financement des producteurs et productrices à travers le développement de structures de microfinance communautaire, basés sur la solidarité au sein de la communauté.

Les vivres de souveraineté sont les produits alimentaires d’origine végétale et animale, historiquement ancrés dans les habitudes alimentaires des populations d’une région donnée, dans les échanges commerciaux, dans les pratiques culturelles. Ils sont reconnus pour leur résistance aux changements climatiques, leur qualité nutritionnelle, leur faible dépendance vis-à-vis des intrants de synthèse et leur rôle important dans la dynamisation de l’économie locale. Au total quatre (4) cultures vivrières ont été retenus pour l’ensemble des pays concernés : le Haricot/Niébé, le Sorgho, le Fonio, le Mil et un (1) produit d’élevage : le poulet local.

Trois (3) cultures de souveraineté seront valorisées en Côte d’Ivoire dans les régions de la BAGOUE (Tengrela), du TCHOLOGO (Ferkessédougou) et du GBEKE (Bouaké) à savoir le fonio, le mil et le sorgho.

Les années précédentes, Inades-Formation Côte d’Ivoire avait mené des actions en vue de raviver l’intérêt des populations de Tengrela pour la culture du fonio et en améliorer la production. Ce projet permettra ainsi de consolider les acquis et de poursuivre les actions

 

Les bénéficiaires directs sont principalement les producteurs, vendeurs, transformateurs et consommateurs du fonio, du mil et du sorgho des zones d’exécution du projet. Certains aspects du projet toucheront également les adhérents des 4 Fonsdev déjà existants dans les régions du Sud-Comoé et du Gbêkê.

Le projet durera trois ans, de 2017 à 2019.

Partenaire financier

KZE/MISEREOR